Le parquet général près la cour d’appel de Paris a rejeté la demande de l’islamologue suisse Tariq Ramadan de dépayser l’information judiciaire qui le vise pour viols, a appris ce lundi l’AFP de sources proches du dossier.
Le prédicateur avait déposé cette demande en mai, trois jours avant le début de son procès pour viol et contrainte sexuelle en Suisse, à l’issue duquel il a été acquitté.
Il accusait la juge d’instruction chargée de la procédure instruite en France d’avoir voulu « influer » sur les investigations en Suisse, en refusant notamment de verser l’intégralité du dossier français comme le demandaient les autorités helvètes.
Selon une des sources proches du dossier, le parquet général a estimé que la sélection des pièces opérée ne relevait « pas de l’arbitraire », « le critère étant objectif, à savoir le lien avec l’enquête helvétique ».
« Nous envisageons un recours devant la Cour de cassation », a commenté auprès de l’AFP Me Philippe Ohayon, un des avocats de Tariq Ramadan, estimant que le parquet général avait « répondu à côté ».
Fin mai, Tariq Ramadan, 60 ans, a été acquitté de l’accusation de viol et contrainte sexuelle par un tribunal de Genève qui a jugé qu’il n’y avait pas de preuve contre lui dans cette affaire remontant à 2008.
Il s’agissait du premier procès pour viol contre M. Ramadan.
En France, il est soupçonné de viols commis entre 2009 et 2016 sur quatre femmes, qu’il conteste.
