Combien ont-ils été à voter aujourd’hui à midi et montrer ainsi, comme le leur demandait la veuve de Navalny, réfugiée en Allemagne, qu’ils s’opposaient à Vladimir Poutine et à son parti Russie unie. Une manifestation symbolique qui ne changeait rien à un résultat déterminé à l’avance à quelques pour cent près par l’administration présidentielle et imposé aux régions : autour de 50 % des voix pour Russie unie (qui avait fait 49,8 % en 2021) et un taux de participation de 50 à 55 % (51,7 % lors des précédentes législatives). S’il le faut, on pratique le bourrage des urnes, le vote multiple ou la fraude grâce au système électronique peu fiable de vote à distance
Les Russes avaient le choix entre dix partis. En 2021, cinq avaient franchi la barre des 5% qui leur permet d’avoir des députés à la Douma qui en compte 350. A côté des 324 élus de Russie unie, le parti communiste, le parti libéral de Russie (extrême droite, Russie juste et Nouveaux gens) avaient obtenu des sièges. Aucun opposant véritable. Cette année, le parti anti-guerre Iabloko ( La pomme) avait été autorisé à participer avant d’être interdit dès que les autorités ont constaté qu’il allait dépasser les 5%.
Dans la Russie de plus en plus répressive de Poutine, aucune voix dissidente n’est acceptée et ces élections doivent montrer que le pays est derrière lui, le soutien pour gagner cette guerre déclarée par l’Ukraine et l’Otan. Dans les oblasts ukrainiens « volés » par Moscou, les habitants devenus russes sont quasiment obligés de « bien » voter et risquent des sanctions.
Demain, les résultats affichés permettront à Poutine de réaffirmer sa légitimité, la solidité de son régime et sa défense d’une cause juste face à une Europe décadente. Une Union européenne qui ne voit qu’un « simulacre » d’élections et s’inquiète chaque jour davantage de la guerre hybride menée contre elle par le Kremlin qui évoque même une guerre « courte », c’est-à-dire, l’utilisation de l’arme nucléaire.
S’il n’ y a pas de suspense, ces élections restent importantes pour le Kremlin qui connaîtra ses « vrais » résultats et pourra mesurer le taux de mécontentement des Russes qui ressentent de plus en plus dans leur vie quotidienne qu’ils sont en guerre. Selon l’institut Levada, Poutine a perdu douze points de décembre dernier à avril , et la chute continue. Seuls 37% pensaient voter pour Russie unie…
