Le président Macron a annoncé le déploiement par le ministère de l’Intérieur « de moyens supplémentaires » après trois nuits d’émeutes, consécutives au décès du jeune Nahel lors d’un contrôle policier près de Paris, en dénonçant « l’instrumentalisation » de ce drame.
Lors d’un Comité interministériel de crise tenu au ministère de l’Intérieur, le chef de l’État a également appelé « tous les parents à la responsabilité ».
« Il y a une instrumentalisation inacceptable de la mort d’un adolescent, que nous déplorons tous alors que la période devrait être au recueillement et au respect », a déclaré le chef de l’État en conclusion de la réunion, en condamnant les auteurs d’une telle instrumentalisation ainsi que les « violences pures et injustifiables qui n’ont aucune légitimité ».
Le président s’est félicité de la réponse « rapide et adaptée » des forces de l’ordre et a annoncé que des « moyens supplémentaires » allaient être déployés par le ministère de l’Intérieur.
« La décision a été prise d’annuler plusieurs évènements festifs – dont un concert de Mylène Farmer-et plusieurs rassemblements dans les départements qui sont les plus sensibles », a-t-il encore indiqué. Dans toutes les villes, il n’y aura pas de transport en commun après 21 heures.
Le président de la République a appelé « tous les parents à la responsabilité ». « C’est la responsabilité des parents de les garder au domicile. (…) La République n’a pas vocation à se substituer à eux », a-t-il poursuivi.
Il a également dit attendre un « esprit de responsabilité » des grandes plateformes de réseaux sociaux, citant notamment Snapchat et TikTok, où s’organisent « des rassemblements violents » et qui suscitent « aussi une forme de mimétisme de la violence, ce qui conduit chez les plus jeunes à une forme de sortie du réel. »
« On a le sentiment parfois que certains d’entre eux vivent dans la rue les jeux vidéo qui les ont intoxiqués », a estimé M. Macron.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, les forces de l’ordre ont procédé à 875 interpellations, dont 408 à Paris et sa proche banlieue, selon le bilan définitif du ministère de l’Intérieur.
Au total, 249 policiers et gendarmes ont été blessés dans la nuit.
Le Service central du renseignement territorial ne s’attend pas à une accalmie, mais, au contraire, à une montée de la violence.
