Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a ordonné aux commandants militaires de renforcer les défenses dans le nord après l’arrivée signalée du chef du groupe Wagner, Evgueni Prigojine, en Biélorussie voisine.
M. Zelensky a déclaré vendredi via les réseaux sociaux qu’il avait pris cette décision lors d’une réunion des principaux chefs militaires, dont le commandant en chef Valerii Zaloujny
L’Ukraine craint apparemment que les combattants du groupe mercenaire ne soient transférés en Biélorussie à la suite de la mutinerie avortée d’Evgueni Prigojine en Russie. De nouveaux camps pour les miliciens de Wagner sont en cours de construction.
Par ailleurs, l’agence de renseignement militaire ukrainienne a annoncé vendredi que la Russie réduisait progressivement les effectifs de la centrale nucléaire de Zaporijia, occupée par les Russes.
M. Zelensky a déclaré la semaine dernière que la Russie préparait un acte de terrorisme dans la centrale. Le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a retorqué que les affirmations de Kyiv étaient de « purs mensonges ».
Zaloujny veut des armes
L’armée ukrainienne est limitée dans sa contre-offensive par un manque d’armement, notamment d’avions de combat, estime son commandant en chef Valery Zaloujny dans un entretien publié vendredi par le Washington Post.
« Ca me gonfle », lance-t-il à propos des Occidentaux qui se plaignent des lents progrès de Kiev face aux Russes, alors qu’il souhaiterait qu’ils leur livrent des armes plus rapidement.
Pour rivaliser avec la puissance aérienne russe, l’Ukraine a besoin des avions de combat F-16 promis au plus vite, martèle le général en chef.

« Nous n’avons pas besoin de 120 avions. Je ne vais pas menacer la planète entière. Un petit nombre sera suffisant », dit-il encore dans les colonnes du quotidien américain. « Mais ils sont nécessaires, il n’y a pas d’autre solution ».
Il se plaint aussi d’un manque d’artillerie face au déluge de feu russe.
Si Valery Zaloujny dit être en contact permanent avec ses partenaires occidentaux, comme le chef d’état-major américain Mark Milley, ce ne sont pas eux qui prennent les décisions, regrette-t-il.
« Pendant que des décisions sont prises, il est évident que beaucoup de personnes meurent, chaque jour, et en grand nombre. Simplement parce que les décisions ne sont pas prises tout de suite », déclare-t-il encore au Washington Post.
« Nous leur donnons toute l’aide possible », a déclaré de son côté Mark Milley à la presse vendredi. Leur livrer des F-16 ou des missiles tactiques ATACMS, est « sur la table, mais aucune décision n’a été prise pour l’instant », a-t-il ajouté.
La contre-offensive « va plus lentement qu’on l’avait prédit », a-t-il estimé, mais « la guerre, c’est comme ça ». « Ça ne me surprend pas du tout. »
L’armée ukrainienne fait néanmoins « des avancées continues », « 500, 1.000, 2.000 mètres par jour, ce genre de choses », a encore noté le chef d’état-major américain.
Pedro Sanchez à Kiev

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez est arrivé à Kiev ce samedi, au premier jour de la présidence espagnole de l’UE, pour redire le soutien de l’Union européenne à l’Ukraine, qui déplore la lenteur des livraisons d’armes promises par l’Europe.
Sa visite vient également avant un important sommet de l’Otan prévu les 11 et 12 juillet à Vilnius pour établir un plan de route pour les relations futures entre l’Ukraine et l’organisation militaire occidentale.
« Déjà à Kiev. Je voulais que le premier acte de la présidence espagnole du Conseil de l’Union européenne soit en Ukraine » avec Volodymyr Zelensky, a écrit Pedro Sanchez sur son compte Twitter, affirmant qu’il transmettrait « toute la solidarité de l’Europe ».
« Nous allons continuer à aider le peuple ukrainien jusqu’à ce que la paix revienne en Europe », a ajouté M. Sanchez. Il avait annoncé cette visite jeudi au cours du sommet de l’UE, expliquant que son but était de montrer « le soutien inébranlable » de l’UE à Kiev dans sa lutte contre l’invasion russe. Volodymyr Zelensky a salué cette visite ‘extrêmement symbolique ».
Visite du patron de la CIA

Le directeur de la CIA, William Burns, s’est rendu récemment en Ukraine où il a rencontré des responsables du renseignement et le président Volodymyr Zelensky, a confirmé vendredi à l’AFP un responsable américain.
Selon le quotidien américain The Washington Post, premier à faire état de ce voyage, les dirigeants ukrainiens ont présenté des plans pour reprendre des territoires occupés par les forces russes et entamer des négociations de cessez-le-feu d’ici la fin de l’année. Le voyage s’est déroulé en juin, ajoute le journal.
Selon le responsable américain, William Burns «a voyagé en Ukraine comme il le fait régulièrement depuis le début voilà plus d’un an de l’agression récente de la Russie». Le voyage a eu lieu avant la rébellion de 24 heures conduite le 24 juin par le patron du groupe paramilitaire russe Wagner, Evguéni Prigojine, a précisé le responsable.
