Des rassemblements devant les mairies de France, organisés après une attaque ayant visé le domicile d’un maire de la région parisienne, ont eu lieu ce lundi midi, notamment à Nanterre, où la mort d’un adolescent, tué par un policier, a suscité des émeutes dans tout le pays, ont constaté des journalistes de l’AFP.
« Depuis mardi les nuits ont été difficiles pour les habitants (…) Les violences qui se sont succédé sont inacceptables », a déclaré devant une centaine d’habitants et d’employés de la mairie Patrick Jarry, le maire de Nanterre où Nahel, 17 ans, est mort lors d’un contrôle routier.
« Le temps est à l’apaisement », a estimé l’édile en remerciant « profondément » la grand-mère de Nahel qui a lancé un appel au calme dimanche, après cinq nuits de heurts entre jeunes et forces de l’ordre, de destructions de voitures ou de bâtiments publics et de pillages de commerces dans un grand nombre de villes.
« Nous ne perdons pas de vue le point de départ de cette situation, cette exigence de justice qui continue d’exister », a poursuivi le maire de cette ville à l’ouest de Paris, devant la presse.
L’Association des maires de France (AMF) avait appelé dimanche à une « mobilisation civique » ce lundi midi devant toutes les mairies du pays pour dénoncer les violences contre les élus et le « retour à l’ordre républicain ».
Quelque 3.200 personnes ont été interpellées par les forces de l’ordre françaises entre mardi et dimanche, en cinq nuits d’émeutes consécutives à la mort de Nahel, 17 ans, tué par un policier, dont 60% n’étaient pas connues de la police, a indiqué lundi le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.
« 60% » de ces 3.200 personnes « n’ont aucun antécédent judiciaire, ne sont pas connus des services de police » et « n’ont jamais fait l’objet d’un contrôle », a dit le ministre lors d’un déplacement à Reims dans le nord-est de la France.
La moyenne d’âge des personnes interpellées est de « 17 ans, avec parfois des enfants, il n’y a pas d’autre mot, de 12-13 ans, qui étaient des pyromanes ou qui ont attaqué les forces de l’ordre ou qui ont attaqué des élus », a-t-il également souligné.
