Le président russe Vladimir Poutine a assuré ce mardi que son pays allait «continuer de résister» face aux «pressions extérieures» et aux «sanctions», lors d’un sommet virtuel de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS).
«La Russie résiste de manière sûre et continuera de résister face aux pressions extérieures, aux sanctions et aux provocations», a déclaré Vladimir Poutine, tout en remerciant les pays de l’OCS qui lui ont exprimé leur «soutien» pendant la mutinerie du groupe paramilitaire qui a fait trembler le Kremlin fin juin. « Le peuple russe est consolidé comme jamais », a assuré le maître du Kremlin, en affirmant que « toute la société » russe « a fait front uni contre la tentative de mutinerie armée » du groupe Wagner.
Il a également remercié ses «collègues de l’Organisation de coopération de Shanghai qui ont exprimé leur soutien aux actions des autorités russes visant à défendre l’ordre constitutionnel, la vie et la sécurité des citoyens». «Nous apprécions beaucoup cela», a ajouté le président russe.
Le président chinois Xi Jinping a appelé à « sauvegarder la paix régionale ».
Des drones près de Moscou
La Russie a dénoncé mardi un « acte terroriste » du régime de Kiev, après une attaque de cinq drones visant des sites près de Moscou et dans sa région, qui a perturbé le fonctionnement de l’aéroport international de Vnoukovo.

« Ce matin, on a empêché une tentative du régime de Kiev de commettre un acte terroriste avec cinq drones » visant des sites dans la région de Moscou et à l’extrémité de la capitale russe, a déclaré le ministère russe de la Défense dans un communiqué.
Quatre drones ont été détruits par la défense antiaérienne près de la capitale et le cinquième a été neutralisé par des « moyens de guerre électronique », avant de s’écraser dans la région de Moscou, selon la même source.
L’attaque n’a fait de victimes ni de dégâts, a souligné le ministère.
Selon les services de secours cités par l’agence de presse publique RIA Novosti, l’un des drones a été neutralisé près de Koubinka, située à une quarantaine de kilomètres de l’aéroport moscovite de Vnoukovo dont le fonctionnement a été brièvement perturbé en raison de l’attaque.
L’aéroport de Vnoukovo, où plusieurs vols ont été redirigés vers d’autres aéroports dans la matinée, a « repris son travail » à 05H00 GMT, selon l’Agence russe de transport aérien (Rosaviatsia).
Après l’attaque, la diplomatie russe a dénoncé un « acte terroriste » de Kiev.
« Une tentative du régime de Kiev d’attaquer une zone où sont situés des sites d’infrastructure civile, y compris un aéroport qui accueille, à propos, des vols internationaux, c’est un nouvel acte terroriste », a déclaré sur Telegram la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.
Compte tenu que le président ukrainien Volodymyr « Zelensky commet ces actes terroristes à l’aide des armes livrées par l’Occident ou achetées avec du financement occidental, il s’agit du terrorisme international », a-t-elle affirmé.
Lundi, des frappes de drones russes sur Soumy, dans le nord de l’Ukraine, ont fait deux morts et 19 blessés, dont un enfant de cinq ans. Un bâtiment officiel et deux structures résidentielles ont été endommagés.
Le président ukrainien a appelé à une amélioration des système de défense aérienne à la suite de cette attaque, affirmant que l’Ukraine ne disposait pas suffisamment de dispositifs de haute qualité pour protéger l’ensemble de son territoire.
Contre-offensive « fructueuse »

Les jours qui viennent de s’écouler ont été « particulièrement fructueux » pour la contre-offensive menée par l’Ukraine contre les forces d’invasion russes dans l’est et le sud du pays, a déclaré mardi un haut responsable ukrainien.
« A ce stade des hostilités, les forces armées ukrainiennes remplissent leur tâche principale : la destruction de main d’œuvre, d’équipement, de dépôts de carburant, de véhicules militaires, de postes de commandement, de pièces d’artillerie et de systèmes de défense antiaérienne de l’armée russe », a ajouté Oleksiy Danilov, secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de défense ukrainien.
Les autorités ukrainiennes ont été avares de commentaires sur leur contre-offensive lancée il y a un mois, privilégiant un « silence opérationnel » visant notamment à dissimuler leurs intentions véritables.
Le président Volodymyr Zelensky a fait état lundi de « progrès » après une semaine difficile qui a vu les soldats ukrainiens buter sur la densité des lignes de défense mises en place par la Russie, notamment dans la région de Zaporijia, où l’armée de Kiev a le plus avancé ces dernières semaines.
Céréales : fin de l’accord ?
La Russie a dit ce mardi ne voir « aucune raison » de prolonger l’accord sur les exportations de céréales ukrainiennes expirant en juillet, Moscou se plaignant depuis des mois d’entraves à ses propres livraisons de produits agricoles.

« Dans ces conditions, il est évident qu’il n’y a aucune raison de poursuivre (l’accord) qui expire le 17 juillet », a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.
La Russie menace régulièrement de se retirer de cet accord sur les céréales ukrainiennes conclu en juillet 2022 avec le parrainage des Nations unies et de la Turquie.
Moscou se plaint notamment que son secteur agricole, l’un des plus grands producteurs au monde, soit impacté par les sanctions adoptées par les Occidentaux, qui « bloquent les exportations agricoles russes ».
La Russie accuse aussi l’Ukraine d’avoir fait exploser début juin un important pipeline reliant la ville russe de Togliatti au port ukrainien d’Odessa qui servait pour l’exportation d’ammoniac et d’engrais.
S’il était désactivé depuis le début de l’offensive russe en février 2022, Moscou militait pour sa remise en route, jusqu’à l’explosion.
La Russie accuse enfin les Occidentaux d’accaparer les exportations de céréales ukrainiennes destinées à l’Afrique et à l’Asie, transformant l’accord en « une exportation purement commerciale de nourriture ukrainienne vers des pays bien nourris », selon le ministère russe des Affaires étrangères.
Selon Moscou, les pays les plus pauvres n’ont reçu que 2,6% du fret agricole envoyé depuis l’Ukraine, contre 81% vers des « pays à revenu élevé et intermédiaire supérieur ».
L’Ukraine accuse de son côté la Russie d’avoir arrêté l’enregistrement des navires ukrainiens depuis le 26 juin, provoquant le blocage de la mise en œuvre de l’accord.
Selon le ministre ukrainien des Infrastructures Oleksandre Koubrakov, 29 navires chargés de 1,4 million de tonnes de céréales sont actuellement en attente dans le détroit du Bosphore faute d’inspections.
