Des dizaines de manifestants ont réclamé ce jeudi la libération d’opposants à la politique de Kais Saied, dénonçant une justice « aux ordres ».
Une vingtaine d’opposants et des personnalités des milieux des affaires et des médias ont été arrêtés depuis février dans le cadre d’une enquête pour « complot contre la sûreté de l’Etat ». M. Saied, qui s’est emparé des pleins pouvoirs dans le pays depuis l’été 2021, les a qualifiés de « terroristes ».
Une centaine de manifestants et de proches des détenus se sont rassemblés devant la cour d’appel à Tunis.
Imed Khemiri, porte-parole du parti Ennahdha, bête noire du président Saied, a dénoncé auprès des médias des arrestations motivées par « des raisons politiques ».
Ces emprisonnements « reflètent une crise politique étouffante en Tunisie » mais ils « ne peuvent pas faire taire les voix libres », a ajouté M. Khemiri, également membre du Front de Salut national (FSN), principale coalition de l’opposition.
« Mon père paye la facture de son amour pour la Tunisie », a déploré, la voix étranglée par l’émotion, Abdelaziz, fils d’Issam Chebbi, 65 ans, dirigeant du FSN. Selon M. Chebbi, « la justice est aux ordres du pouvoir exécutif et n’est pas indépendante ».
