Selon le Pentagone, les mercenaires du groupe paramilitaire russe ne participent plus « de manière significative » aux opérations de combat en Ukraine. Ils estiment que « la majorité » des combattants de Wagner sont toujours dans des zones ukrainiennes occupées par la Russie, a précisé le porte-parole du Pentagone, le général Pat Ryder, lors d’une conférence de presse vendredi 14 juillet.
L’annonce du Pentagone survient quinze jours après que le groupe Wagner, qui a joué un rôle clé dans l’offensive de Moscou en Ukraine, a cherché à renverser la direction militaire russe lors d’une révolte éclair. Evguéni Prigojine, patron du groupe, avait assuré que son soulèvement ne visait pas à renverser le pouvoir, mais à sauver Wagner d’un démantèlement par l’état-major russe, qu’il accuse d’incompétence dans le conflit en Ukraine débuté en février 2022.
Dans une interview accordée au journal russe Kommersant, Vladimir Poutine a affirmé qu’il avait proposé aux hommes de Wagner de servir sous le commandement officiel d’une autre personne, mais qu’Evguéni Prigojine a refusé cette offre.
Les soldats de Wagner « auraient pu être réunis dans un seul endroit et continuer à servir. Pour eux, rien n’aurait changé, ils auraient été dirigés par la personne qui était leur véritable commandant pendant toute cette période », a affirmé le maître du Kremlin.

Le journal précise que la personne évoquée par le président russe est un commandant de Wagner ayant pour pseudo « Sedoï » (Cheveux gris) et qui aurait, selon M. Poutine, réellement dirigé les paramilitaires sur le front ukrainien lors des 16 derniers mois.
Dans cette même interview, le chef d’Etat russe a également pointé l’absence de statut juridique officiel du groupe Wagner en Russie, où les sociétés militaires privées ne sont pas autorisées par la loi. « Le groupe (Wagner) est là, mais il n’existe pas juridiquement ! (…) C’est une autre question liée à (leur) légalisation effective. Une question qui doit être évoquée à la Douma (chambre basse du Parlement), au sein du gouvernement », a affirmé M. Poutine.
16 sur 17
L’armée de l’air ukrainienne a indiqué ce vendredi 14 juillet avoir abattu 16 drones explosifs sur les 17 lancés par la Russie dans la nuit.
De jeudi soir à vendredi matin, la Russie a «attaqué l’Ukraine avec 17 drones de combat de fabrication iranienne Shahed 136/131 depuis le sud-est», a indiqué l’armée ukrainienne sur Telegram, assurant en avoir détruit 16.

Par ailleurs, les troupes ukrainiennes continuent à progresser au sud de Bakhmout, dans le secteur de Bila Hora-Andriïvka, a annoncé vendredi Andrii Kovalov, porte-parole de l’état-major des forces armées.
« Il y a des succès dans le secteur de Bila Hora-Andriïvka, [les troupes] renforcent les positions nouvellement prises », a-t-il déclaré, assurant par ailleurs que des offensives russes avaient été repoussées à Koupiansk, Lyman, Avdiivka et Marïnka. De violents combats font rage dans ces secteurs, où l’armée russe déploie des réservistes, a-t-il ajouté.
Côté russe, le gouverneur de la région de Koursk a déclaré qu’un drone ukrainien s’est abattu dans la nuit sur un immeuble d’habitation de Kourtchatov, ville de l’ouest de la Russie où se trouve une centrale nucléaire similaire à celle de Tchernobyl.
« Les pays qui fournissent [des drones] au régime de Kiev envisagent-ils de se retirer sur Mars en cas de catastrophe nucléaire ? Ils n’auront pas le temps », a ironisé la porte-parole du ministère des affaires étrangères russe, Maria Zakharova. « Les habitants des pays de l’OTAN doivent comprendre que leurs gouvernements parrainent le terrorisme nucléaire du régime de Kiev », a-t-elle ajouté.
Bombes déjà livrées
Les forces armées ukrainiennes ont déjà reçu des armes à sous-munitions, armement controversé promis par Washington à Kiev pour l’aider dans sa lente contre-offensive face à l’armée russe, ont déclaré jeudi des responsables militaires des deux pays.

« Nous venons de les recevoir, nous ne les avons pas encore utilisées, mais elles peuvent radicalement changer » la situation sur le champ de bataille, a déclaré Oleksandre Tarnavsky, le commandant de la contre-offensive dans le sud du pays, dans une interview à la télévision américaine CNN.
Les États-Unis ont annoncé la semaine dernière qu’ils livreraient ces armes à l’Ukraine, malgré les inquiétudes suscitées par le risque à long terme posé aux civils.
« L’ennemi comprend également qu’en obtenant ces munitions, nous aurons un avantage », a déclaré M. Tarnavsky, tout en assurant que les forces ukrainiennes n’utiliseraient pas ces armes dans les zones fortement peuplées.
« Les Russes pensent que nous allons l’utiliser sur toutes les zones du front (…) C’est très faux », a-t-il soutenu.
A Washington, un haut responsable américain, le lieutenant-général Douglas Sims, a confirmé à la presse que ces armes se trouvaient à présent « en Ukraine ».
Biden : Poutine « a déjà perdu »

Vladimir Poutine « a déjà perdu la guerre » en Ukraine, a affirmé jeudi Joe Biden, estimant que Moscou finirait par négocier face à la contre-offensive ukrainienne, le président russe assurant lui qu’une adhésion de l’Ukraine à l’Otan aggraverait les tensions internationales, au lendemain du sommet de l’Alliance à Vilnius.
« Il pourrait finir la guerre demain, il n’aurait qu’à dire : J’arrête », a déclaré le président américain lors d’une visite en Finlande célébrant la récente adhésion à l’Otan du pays nordique voisin de la Russie. « Mais il n’y a pas de possibilité pour lui de gagner la guerre en Ukraine (…) Il l’a déjà perdue », a assuré Joe Biden, soulignant le manque de ressources de la Russie et ses difficultés économiques.
Malgré le peu de progrès de la contre-offensive ukrainienne sur le front, le président américain s’est dit convaincu que celle-ci mènerait à une demande de négociations de la part de Moscou. « J’espère, et c’est mon attente, que l’Ukraine fera des progrès significatifs dans son offensive et que cela débouchera sur un règlement négocié à un moment ou à un autre », a déclaré le dirigeant américain.
Poutine et les céréales
Le président russe Vladimir Poutine a jugé jeudi que « pas une seule » des demandes russes avait été prise en compte au cours des négociations en vue de prolonger l’accord sur l’exportation des céréales ukrainiennes qui expire le 17 juillet.
« Je tiens à souligner que rien n’a été fait, rien du tout », a-t-il insisté lors d’un entretien télévisé. « Tout se fait à sens unique ».

« Nous allons réfléchir à ce que nous allons faire, nous avons encore quelques jours pour cela », a-t-il ajouté.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait assuré plus tôt dans la journée que les négociations pour prolonger l’accord – dont il est un des garants – se poursuivaient.
La Russie avait dit la semaine dernière ne voir « aucune raison » de prolonger cet accord, se plaignant d’entraves à ses propres livraisons de produits agricoles.
Cependant, le président turc Erdogan a affirmé ce vendredi que Vladimir Poutine, est « d’accord avec moi » sur la prolongation de l’accord céréalier ». « Nous nous préparons à accueillir M. Poutine en août et nous sommes d’accord sur l’extension du corridor des céréales en mer Noire », a-t-il déclaré à la presse à l’issue de la prière de vendredi.
