L’affaire Epstein a révélé au monde des pratiques ignobles, obscures, d’un autre âge et dignes d’un film comme « Conan » et d’une époque que l’on pensait révolue. Cette époque renvoie notamment aux guerres puniques. Les vainqueurs romains (mais aussi grecs qui sont loin d’être les ennemis héréditaires des carthaginois) ont écrit l’histoire et n’ont eu de cesse de présenter les phéniciens comme barbares, perfides et manipulateurs. Bien entendu, il n’en était rien. En effet les phéniciens étaient des navigateurs audacieux et d’excellents marchands et artisans. Ils possédaient sur tout le pourtour méditerranéen ports et cités. Carthage et certains établissements situés en Sardaigne sortaient facilement du lot. Et pour cause ! Leurs habitants étaient adorateurs de Baal, dieu originaire du Proche-Orient et lui sacrifiaient volontiers leurs progénitures.
Pratiques d’un autre temps
Les prêtres locaux sacrifiaient des enfants et immolaient des nouveaux nés en les précipitant vivants dans un immense bûcher. Pendant ce temps, les musiciens jouaient bruyamment pour étouffer les pleurs des géniteurs. Le sacrifié ne devait aucunement être un cadeau souillé, vil ou de peu de valeur. Chez les peuples sémitiques comme les Assyriens, Cananéens, Hébreux, chez les Phéniciens et les Carthaginois, on sacrifiait les fils des plus nobles familles pour les grandes fêtes annuelles de purification, mais aussi lors des grandes calamités ou pour appeler la bénédiction des dieux au moment de la fondation d’une ville.
Diodore de Sicile rapporte ainsi que les Carthaginois, après avoir été vaincus par Agathocle, tyran de Syracuse, qui avait mis le siège devant Carthage (310-307 av. J.C.), se seraient reprochés d’avoir sacrifié des enfants d’esclaves à leur Dieu, Cronos. Les ayant substitués à leurs propres enfants, les carthaginois décident d’offrir deux cents de leurs enfants en sacrifice. Pour rappel Baâl-Hammon, Saturne ou encore Moloch est une divinité redoutable qui inspirait la crainte plutôt que l’amour. Si Abraham est prêt à un tel acte par dévotion, les cananéens, dont les israélites, le pratiquaient plus par dépit.
Clitarque d’Alexandrie, Denys d’Halicarnasse ou encore Plutarque rappellent qu’Hamilcar père d’Hannibal, aux prises avec les Romains en Sicile, aurait ordonné que l’on sacrifiât un enfant aux dieux « suivant la coutume des ancêtres » pour éloigner une épidémie qui décimait ses soldats.
