Une statue de Christophe Colomb a été installée juste à côté de la Maison-Blanche. L’objectif de Donald Trump: mener une bataille mémorielle sur le passé des Amériques, à contre-courant des manifestations de 2020 qui ont mené au retrait de nombreuses sculptures de personnalités jugées complices de crimes contre l’humanité, notamment envers les Amérindiens et les Noirs.
La Maison-Blanche a installé devant le bâtiment du bureau exécutif Eisenhower, à Washington, une statue de l’explorateur génois Christophe Colomb. Il s’agit de la dernière initiative en date de l’administration Trump pour influencer la mémoire collective et, par ricochet, la culture américaine dans son ensemble.

“Un héros”
Dans une lettre rendue publique dimanche, Trump a qualifié Christophe Colomb de “héros américain originel et l’un des hommes les plus courageux et visionnaires ayant jamais foulé la Terre”. “La statue se trouve désormais du côté nord du bâtiment Eisenhower, sur des terrains appartenant à la Maison-Blanche”, a déclaré Donald Trump à la Conférence des présidents des principales organisations italo-américaines dans cette même lettre. Il a remercié l’association pour le don de la statue au gouvernement.
“Nous sommes ravis que la statue ait trouvé un lieu où elle pourra rayonner en toute tranquillité et être protégée”, a déclaré John Pica, lobbyiste du Maryland et président de l’association Italian American Organizations United, propriétaire de la statue, qui a accepté de la prêter au gouvernement fédéral pour son installation à la Maison-Blanche ou à proximité.
“Pour cette Maison-Blanche, Christophe Colomb est un héros, et le président Trump veillera à ce qu’il soit honoré comme tel pour les générations futures”, a publié l’administration présidentielle sur X.
Un navigateur violent envers les populations autochtones
Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump s’est donné pour tâche de combattre ce qu’il qualifie d’idéologie “anti-américaine”. Plusieurs expositions sur l’esclavage ont ainsi été supprimées et plusieurs statues représentant des Confédérés, c’est-à-dire des Américains ayant défendu le droit à l’esclavage, ont été restaurées. Selon les défenseurs des droits civiques, ces initiatives pourraient anéantir des décennies de progrès social.
Lors des manifestations du mouvement Black Lives Matter en 2020, suite à la mort de George Floyd, plusieurs villes américaines ont déboulonné les statues du navigateur italien, dont les voyages, financés par l’Espagne à partir des années 1490, ont ouvert la voie à la conquête des Amériques par l’Europe (même si à la fin du Moyen-Âge, des Vikings avaient déjà atteint l’Amérique du Nord via le Groenland).
Le meurtre de George Floyd a incité à un réexamen de l’époque coloniale et de l’héritage de l’esclavage, non seulement aux États-Unis mais aussi dans d’autres pays en Amérique latine et en Europe. Christophe Colomb étant lui-même favorable à l’esclavage et à une domination violente de populations autochtones, ses représentations ont été visées, les manifestants affirmant qu’elles minimisaient ou occultaient sa cruauté.
La colonisation espagnole, lancée par Christophe Colomb, a non seulement abouti à la conquête d’une grande partie des Amériques mais aussi à la mort de près de 90% des Amérindiens, en grande partie du fait des maladies ramenées par les Européens et contre lesquelles le système immunitaire des populations autochtones était vulnérable.
