A Washington, les négociations directes entre le Liban et Israël, les premières depuis 43 ans ne seront pas faciles, voire même impossibles tant leur seul but semble à l’heure actuelle, et depuis des années, inatteignable : le désarmement du Hezbollah, le parti de Dieu qui, à l’instar de son maître iranien vise à la destruction de l’Etat hébreu. Il ne participe pas aux pourparlers qu’il qualifie de « capitulation », de « honte ».
Si Beyrouth et Tel Aviv se rejoignent sur la nécessité de parvenir à un accord, à une paix durable, leurs ambassadeurs aux Etats-Unis, chargés des pourparlers, n’ont pas les mêmes consignes. Le Libanais demande un cessez-le-feu qui permettra d’engager des négociations, l’Israélien exige avant tout le désarmement des miliciens chiites. La paix par la diplomatie face à la paix par la force.
Initialement, l’accord de cessez-le-feu conclu en Iran englobait bien le Liban, mais Benjamin Netanyahou a refusé et affirmé à Donald Trump qu’il continuerait son intervention. Le président américain a cédé tout en forçant le Premier ministre israélien a accepté l’offre de négociations formulée par le président Aoun qu’il avait ignoré.
Avant l’entrée du Hezbollah dans le conflit, le 2 mars, une large majorité de la population libanaise, évaluée selon le journal L’Orient-Le Jour, à 80% se prononçait pour la paix, mais la violence de Tsahal, les massacres qui ont choqué le monde, ont modifié la donne. De nombreux Libanais et pas seulement des chiites affiliés au Hezbollah, ont manifesté aux cris de « Américains terroristes » contre les négociations et pour la résistance.
Comme à Gaza, Israël entend imposer sa loi et diviser son voisin en trois zones délimitées par les fleuves Litani et Zahrani ; une zone sud jusqu’au Litani, une zone centre entre le Litani et le Zahrani et une zone nord où Tsahal veut regrouper les « indésirables » des autres zones…
Mais cela ne dit pas comment désarmer le Hezbollah. Le mouvement chiite constitue depuis des décennies -il a été créé en 1982- un Etat dans l’Etat. Avec l’autre parti chiite, Amal, il compte des ministres et des députés. Malgré les guerres qui l’ont affaibli, sa milice forte de quelque 50 000 combattants est réputée plus forte que l’armée nationale. Les deux ont toujours entretenu de bonnes relations, ne se considérant pas comme ennemies. Désarmer le Hezbollah relève de la quadrature du cercle…
Liban, Iran, les deux conflits sont liés et tant qu’il n’y aura pas d’accord avec Téhéran, il ne pourra y en avoir au Liban. Pas de paix non plus au Moyen Orient. Trump et Netanyahou le comprennent-ils ?
