Il ne cesse de le répéter : « ils veulent vraiment conclure un accord, ils me supplient, ils sont à bout de souffle ». Et il ajoute que tout se passe bien, puis il finit par se déclarer insatisfait, sur le point de retarder les frappes, même s’il a déjà tout détruit… « On verra … »
Aujourd’hui, Donald Trump précise qu’il n’est pas pressé, qu’il ne se soucie pas des midterms de novembre, que tout va bien et que le prix de l’essence va vite diminuer… En réalité, il est en difficulté, mais dans son narratif de vainqueur, d’autoproclamé meilleur président de l’histoire des Etats-Unis, il ne peut le reconnaître. Il est dans une impasse et attend le moment d’afficher une victoire, de brandir un trophée.
Face à un Iran qui lui résiste, qui se bat alors qu’avec Netanyahou, il pensait l’amener à résipiscence en quelques jours, il est en échec et s’enfonce dans ses mensonges. Il y a trois mois, il voulait aider les Iraniens qu’il appelait à la révolte, qu’il voulait empêcher le pays d’avoir la bombe atomique et changer le régime. Seul résultat : les gardiens de la révolution ont pris le pouvoir et fermé le détroit d’Ormuz. Le peuple iranien souffre davantage…
Le protocole d’accord dont on parle maintenant prévoit la réouverture du détroit avec la levée des blocus iranien et américain, sans doute le dégel de plusieurs milliards de fonds iraniens, la poursuite du cessez-le-feu pendant 60 jours et des négociations ultérieures sur le nucléaire…
Pour masquer son échec, il prétend que l’accord conclu par Obama en 2015 qu’il a déchiré en 2018 permettait à l’Iran de fabriquer des bombes nucléaires qu’il aurait immédiatement lancé sur Israël, les pays du Moyen-Orient et même les Etats-Unis. Faux évidemment, mais ses MAGA lui font confiance. Et il en profite, les poussant à voter pour des candidats « loyaux » lors des primaires qui se déroulent actuellement lors de campagnes très onéreuses, pour désigner les candidats républicains à tous les postes mis en jeu en novembre, représentants, sénateurs, gouverneurs… Il se vante de ses victoires, mais elles risquent d’être improductives, de détourner les Républicains modérés de ses candidats.
Donald Trump vit dans l’instant. Aujourd’hui n’est ni hier ni demain. Il semble peu capable d’anticiper, de prévoir.
