Les discussions sont « positives », affirme-t-il un jour et le lendemain il accentue ses pressions car les propositions sont « inacceptables », puis il change d’avis car on approche d’un accord qui ne sera pas conclu… Le fameux brouillard de la guerre porté à un point extrême par Donald Trump : « l’ennemi » ne sait jamais ce qu’il va faire, il peut se contredire en quelques heures avec cependant une constante : il gagne…
Mardi, il lance son « projet liberté » pour que les navires bloqués depuis deux mois franchissent le détroit d’Ormuz sous protection et escorte américaine. Un « cadeau « offert au monde, assure son secrétaire d’Etat à la Défense. Quelques heures plus tard, son président annonce sa suspension immédiate et la justifie : « Compte tenu de l’énorme succès militaire » et des « grands progrès accomplis en vue d’un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens », le « “Projet Liberté” sera suspendu pendant une courte période, afin de voir si l’accord peut être finalisé et signé ». Un revirement de plus, à la demande, précise-t-il du Pakistan.
Pourquoi ? Seulement trois navires ont pu franchir le détroit, plusieurs dizaines auraient dû rebrousser chemin : pas un succès pour Trump. Il aurait alors vu que son opération était compliquée, risquée et qu’il fallait mieux l’arrêter. Le locataire de la Maison Blanche a commis une nouvelle erreur d’appréciation…
Ou bien, il se passe vraiment quelque chose en coulisses et les négociations avancent. Des observateurs avertis le pensent et le site d’information Axios écrit qu’un accord est en vue. Il impliquerait que l’Iran s’engage à observer un moratoire sur l’enrichissement nucléaire et que les États-Unis lèvent leurs sanctions et débloquent des milliards de dollars de fonds iraniens gelés. Toutefois, des médias iraniens indiquent que les gardiens de la révolution veulent faire adopter de nouvelles règles de passage. Il faudra obtenir un permis et payer un péage.
Donald Trump pourrait aussi gagner du temps, celui de voir à Pékin dans une dizaine de jours la réaction de son « ami » Xi Jinping qui joue un rôle important dans les négociations. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi était aujourd’hui dans la capitale chinoise.
« On verra »… Pour épaissir son brouillard, le golfeur milliardaire agite aussi la menace : « S’ils n’acceptent pas, les bombardements commenceront, et ce sera, malheureusement, à un niveau et avec une intensité bien plus forte qu’avant ».
