Des « accords fantastiques » affirme Donald Trump, signés au cours d’une « visite historique qui fera date » selon XI Jinping. Mais qu’y a-t-il derrière les mots ? Beaucoup moins qu’annoncé. Et des chiffres, des faits traduisent le peu de résultats réels. Ainsi, Boeing qui aurait engrangé une commande de 200 « gros avions » a vu le cours de ses actions baisser de près de 5%. Etonnant pour un si beau contrat vanté par le président américain, mais normal quand on sait que depuis plusieurs semaines, on prévoyait la vente de quelque 600 appareils. Les marchés chinois, eux, ont enregistré une chute de 1% qui témoigne du manque de mesures concrètes.
Il faudra sans doute attendre quelques jours pour en savoir plus, mais si Trump a parlé d’accords sur la vente de pétrole, de soja et de produits agricoles, il n’a pas dit un mot sur les terres rares, les semi-conducteurs et l’intelligence artificielle. Ni sur Taiwan, point essentiel de la visite pour Pékin. Xi a clairement fait comprendre à son visiteur que si cette question « est mal traitée, les deux pays se heurteront, voire entreront en conflit », ce qui ne signifie pas forcément guerre dans le vocabulaire chinois. Donald Trump devrait répondre bientôt, mais son secrétaire d’Etat, Marco Rubio, a déclaré à BBC News que la position américaine « reste inchangée à ce jour » et que « tout ce qui imposerait ou forcerait un changement serait problématique ». Aux termes de la loi américaine, Washington est tenu de fournir à Taipei les moyens de se défendre. Cependant, si de gros contrats ont été signés récemment, notamment un de 11 milliards de dollars en décembre, Trump retarde leur mise en œuvre.
Rien de bien nouveau non plus sur l’autre gros morceau qui s’est invité au sommet, l’Iran. Les deux présidents sont convenus que le détroit d’Ormuz devait rouvrir et que jamais l’Iran ne devait accéder à l’arme nucléaire. Et Xi a ajouté : « si je peux être d’une aide quelconque, je serai ravi d’aider ». Une confirmation, en fait, de la position chinoise…
Ces deux jours de sommet ont cependant un mérite : les deux rivaux qui dominent le monde ont souligné la nécessité d’entretenir de bonnes relations, de maintenir une « stabilité stratégique ». Avec la volonté pour l’un de rester la première puissance et pour l’autre de devenir numéro un.
Prochain « round » en septembre à Washington…
