Premier président américain à se rendre à Pékin depuis… Donald Trump en 2017, le locataire actuel de la Maison Blanche n’aura pas le « gros câlin » qu’il prévoyait mais il s’attend, ce matin, à une rencontre « formidable » avec son homologue chinois Xi Jinping. Ce qui est loin d’être acquis.
Ce n’est pas la même Chine qui accueille Donald Trump. Il y a neuf ans, l’empire du Milieu était un pays en retard sur tous les plans, lancé frénétiquement dans son développement. Aujourd’hui, c’est une super puissance qui se veut l’égale des Etats-Unis, le leader de ce que l’on appelle le Sud global et se pose comme pôle de stabilité face au désordre généré par la politique erratique du milliardaire américain.
Commerce, droits de douane, technologies, intelligence artificielle, pétrole, Iran, Taïwan, Ukraine, les sujets de discussion, d’opposition ne manquent pas. Chaque président cherchera à se montrer plus fort, plus persuasif que l’autre… Après la « guerre » des droits de douane au début du mandat de Trump, le conflit s’était apaisé lors d’une brève rencontre en Corée du Sud en octobre dernier, mais on reste encore loin d’un accord. Trump a bien réussi à faire baisser les importations en provenance de Chine de 38%, mais celles arrivant de Taïwan et du Vietnam ont bondi. Pékin a trouvé d’autres chemins…
Accompagné de 17 grands dirigeants et dirigeantes, Donald Trump espère que de nombreux contrats seront signés. Des technologies de pointe, des semi-conducteurs contre des terres rares… Les milieux économiques américains redoutent que leur président toujours friand de deal qu’il peut brandir comme trophée, ne fasse trop de concessions à Xi pour obtenir une aide sur d’autres points. En effet, Donald Trump est demandeur à propos de l’Iran. Il a déjà pris des sanctions contre des entreprises chinoises accusées d’avoir fourni des composants pour les missiles iraniens et des images satellitaires. Il a annoncé qu’il exercerait des « pressions », mais il est plutôt en position de faiblesse.
La Chine parlera de diplomatie, de dialogue, de paix mais ne lâchera pas son allié. Elle n’aiderait Washington que si les Etats-Unis changent de position sur Taïwan, affirment clairement leur opposition à l’indépendance de l’île au lieu de dire qu’ils ne la soutiennent pas. Ce qui est improbable mais cependant craint par Taipei.
Dans ce face-à-face mondial, Donald Trump peut surprendre, mais on ne s’attend à rien de spectaculaire. Avec toutefois un avantage accordé à XI. Ce n’est qu’un épisode d’une longue bataille…
