Fasciné par les extraterrestres, Donald Trump avait promis la déclassification de documents protégés par le secret défense. Le 8 mai, il a tenu parole et une partie des archives fédérales, photos et vidéos, a été rendue publique dans un souci de « transparence maximale » pour que chacun puisse « se faire sa propre opinion ».
Jeudi, le locataire de la Maison Blanche, qui affirme être le président qui « dit la vérité », a officiellement lancé un nouveau site, aliens.gov. En page d’accueil, il est mentionné qu’ « ils marchent parmi nous », mais ces aliens sont les étrangers qui vivent aux Etats-Unis et non des petits hommes verts : tout le site est consacré au contrôle de l’immigration irrégulière aux États-Unis.
Pour Donald Trump, les migrants illégaux, que Obama et Biden ont laissé venir par millions, « empoisonnent le sang » du pays. Ce sont des violeurs, des assassins, des « déchets » venus de « pays de merde », d’Afrique, d’Amérique du Sud, d’Haïti, « ils mangent les chats et les chiens » des Américains.
Le site présente un tableau de bord en temps réel recensant les arrestations d’immigrés en situation irrégulière opérées par l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), le nombre d’interpellations à la frontière et une carte interactive des opérations en cours sur le territoire national. Un compteur affichait plus de 3,1 millions d’arrestations, appelées « rencontres » avec les aliens, au moment du lancement. Aliens.gov propose aussi une ligne de signalement permettant aux internautes de transmettre des informations à l’ICE sur des personnes suspectées d’être en situation irrégulière.

Obsédés par les migrants qu’il déshumanise et traite d’extraterrestre, Trump incite à la haine. Totalement indigne, mais il se moque des réactions négatives et vante, au contraire, les magnifiques performances d’ICE qui remplit les centres de détention. 60 000 migrants, contre 34 000 sous Biden, sont entassés dans des bâtiments souvent insalubres et bondés. Cinq suicides ont été enregistrés depuis le début de l’année -un record depuis 20 ans- ainsi que des dizaines de cas d’automutilation graves. Ministres aux ordres et responsables, répondent que les détenus sont bien traités et que beaucoup « bénéficient des meilleurs soins qu’ils n’aient jamais reçus ».
Jeudi soir, des manifestations ont eu lieu devant un centre de détention dans le New Jersey. Dans une lettre en espagnol publiée par le mouvement de protection des sans-papiers Cosecha, environ 300 détenus disaient être « détenus sans motif valable », « ne pas bénéficier d’une prise en charge médicale adéquate » et dénonçaient « la mauvaise qualité de la nourriture ». Le sénateur démocrate du New Jersey Cory Booker, qui a visité l’établissement mercredi et demande sa fermeture, a confirmé. Le gouverneur de l’Etat s’est vu, lui, refuser d’entrer dans l’établissement.
