Depuis les premières frappes du 28 février, Donald Trump et son fidèle secrétaire à la défense Pete Hegseth répètent que l’Iran est affaibli, pratiquement anéanti, mais les gardiens de la révolution ripostent toujours et frappent durement des bases américaines et des pays du Golfe. Au moins 18 soldats américains sont morts, plus de 400 autres ont été blessés, ce que ne dit pas le Pentagone. Et la guerre qui, malgré plusieurs déclarations victorieuses n’est « pas finie du tout » reconnaît le président américain, coûte cher. Mardi, devant la commission des crédits du Sénat, Hegseth a estimé ce coût à 37,5 milliards de dollars. Les analystes indépendants et les responsables du renseignement américain évaluent le vrai coût à plus de 100 milliards et expliquent que le chiffre du Pentagone ne couvre que les coûts opérationnels immédiats.
Pour continuer les opérations militaires, le ministre de la guerre réclame un nouveau financement de 87, 6 milliards dont une vingtaine pour les … agriculteurs afin, sans doute, de convaincre le Sénat de l’accorder. Ce qui est improbable. Les démocrates de la commission des crédits ont malmené Hegseth qui a fini par s’énerver. D’entrée, la sénatrice Jeanne Shaheen du New Hampshire a attaqué : « Pourquoi demandez-vous au peuple américain d’absorber le coût d’une guerre qu’il ne soutient pas ? ». « Vous demandez de l’argent illimité pour les bombes alors que les gens ne peuvent pas nourrir leur famille, et je ne sais pas comment cette administration compte défendre ces décisions auprès du peuple américain », a ajouté Kirsten Gillibrand, démocrate de New York. Elles ont fait remarquer que seulement la moitié des 150 milliards de dollars de nouveaux financements alloués au Pentagone par le soi-disant projet de loi One Big Beautiful de l’année dernière ont été dépensés et qu’il restait donc 75 milliards. Ces fonds sont déjà destinés à de futurs projets dont le « golden Dome », voulu par Trump, a répondu Hegseth
D’autres sénateurs ont exprimé leur frustration, réclamant plus de détails sur la stratégie de Donald Trump afin de remporter la guerre au Moyen-Orient. « Nous avons besoin de réponses claires et d’un discours franc », a estimé le sénateur John Kennedy, un républicain, tout en interrogeant les responsables sur ce qui se passerait si les États-Unis quittaient le détroit d’Ormuz. Pete Hegseth et le général Dan Caine ont avoué ne pas savoir si l’Iran imposerait des droits de passage aux navires souhaitant emprunter le détroit. Ils n’ont pas répondu non plus au sénateur républicain Mike Rounds qui a demandé si cette demande de financement suffirait à « faire le travail ».
Lorsque le sénateur démocrate Gary Peters du Michigan a affirmé que la stratégie de guerre de l’administration avait été un « échec total », Hegseth a pété les plombs et riposté : « Honte à vous et à d’autres qui qualifient cela de bourbier et d’échec et qui veulent se retourner et dire que vous voulez soutenir les combattants ». Peters a répliqué : « Je vais vous dire comment j’ai utilisé le mot échec : vous, monsieur, êtes l’échec. Pas les hommes et les femmes qui sont en première ligne. Mais s’il manque une stratégie gagnante, ils sont en danger. Leurs dirigeants les ont laissés tomber ».
Voulant avoir le dernier mot, le « toutou » de Trump a lancé : « vous n’avez pas le courage politique de financer réellement notre département parce que vous souffrez du syndrome de dérangement Trump et que vous ne pouvez pas vous engager dans quoi que ce soit de significatif ». Pour Hegseth, qui a évidemment accusé Biden, les démocrates ne comprennent pas que Donald Trump mène une action historique pour dissuader tout adversaire de s’en prendre aux Etats-Unis. Ces milliards sont un « investissement générationnel »…
