De nouvelles sources au sein du Pentagone confirment que les stocks de munitions sont dangereusement bas. C’est d’autant plus vrai pour les missiles intercepteurs THAAD et Patriot, tandis que les capacités de frappe de l’Iran ne semblent pas réduites à la portion congrue. Si Washington s’inquiète de la capacité de son armée à se défendre, la situation est d’autant plus grave pour ses alliés du Golfe.
Dès le début du conflit en Iran, des observateurs se sont inquiétés du rythme de consommation des munitions en général et des défenses antimissiles en particulier. Selon CNN, qui cite plusieurs sources proches du dossier, des hauts gradés du Pentagone alertent sur le niveau “dangereusement bas” des munitions destinées à la défense face aux projectiles iraniens: 80% des stocks d’intercepteurs THAAD (Terminal High Altitude Area Defense), capables de détruire les missiles balistiques, auraient été tirés. De même, entre la moitié et les deux tiers de la réserve de Patriot a été utilisée.
Le Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS) estime que les États-Unis disposaient d’environ 2.200 missiles Patriot des deux variantes les plus modernes, et de 452 missiles THAAD dans leurs stocks avant le début de la guerre contre l’Iran. Ces armes coûtent très cher: plus de trois millions de dollars pour un seul Patriot, et plus de douze millions par missile THAAD.
La production est en outre très limitée: Lockheed Martin s’était fixé pour objectif de sortir 650 Patriot de ses usines par an d’ici 2027. Mais selon des observateurs ukrainiens, les Américains tiraient jusqu’à huit missiles intercepteurs Patriot contre une seule cible, au début du conflit. À tel point que, la semaine dernière, CNN révélait que les batteries déployées dans le Golfe devenaient de plus en plus sélectives, et ne ciblaient plus que les projectiles les plus susceptibles de toucher leur cible.
Des alliés inquiets
Si l’armée américaine s’inquiète de sa consommation de munitions, la situation est vraisemblablement d’autant plus grave pour ses alliés. Le Qatar et l’Arabie saoudite disposent de leurs propres batteries antimissiles, mais dépendent des Américains pour leurs munitions. Des responsables de ces pays ont fait part de leur inquiétude en cas d’intensification du conflit, en particulier si l’Iran frappe à nouveau massivement les infrastructures de la région en réponse à de nouvelles frappes américaines.
Des frappes elles aussi compromises par le manque de munitions: CNN précise que l’armée américaine aurait également utilisé la quasi-totalité de ses armes de longue portée et de haute précision, selon une source proche des récents rapports internes du Pentagone. Ce qui expliquerait pourquoi plusieurs vagues d’attaques évoquées par Donald Trump semblent avoir été finalement annulées.
