Alors que depuis le 29 juillet, les Etats-Unis avaient cessé de frapper l’Iran et privilégiaient une guerre économique totale, l’île de Larak, à l’entrée orientale du détroit d’Ormuz a été touchée, dimanche soir, de manière « limitée et précise », a annoncé le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient . Officiellement, pour empêcher Téhéran de miner le détroit. Donald Trump, lui, sur son réseau Truth Social, a écrit que Kharg était « réduite en miettes », accompagnant son message d’une vidéo courte générée par intelligence artificielle montrant l’explosion d’un navire et d’installations énergétiques. Aucune preuve et démenti iranien. L’île de Kharg est éloignée de celle de Larak de plus de 600 kilomètres… Le président voulait-il lancer un avertissement ou, ayant très peu de connaissances géographiques, a-t-il tout simplement confondu les îles et exagéré comme à son habitude. Il a déjà appelé le Groenland Islande…
Une fois de plus, on se demande à quel jeu joue le président golfeur. Englué dans ses guerres qu’il a provoquées, il ne saurait plus vraiment quoi faire et, pour tenter de masquer le fait qu’il n’a atteint aucun de ses objectifs, d’ailleurs changeants, il allumerait des contre-feux pour détourner l’attention. Plusieurs événements récents posent question :
-La visite du patron de la CIA à Moscou était-elle nécessaire ? Était-elle destinée à mettre en garde Poutine contre une attaque d’un pays balte membre de l’Otan ou à proposer un sommet sur l’Ukraine avec Zelensky ? Du bruit, mais deux refus du Kremlin.
-Le « plus grand accord pétrolier de l’histoire mondiale » imposé par Trump au Venezuela annoncé au bon moment mais sans conséquence positive immédiate sur le prix de l’essence contrairement à ce qu’il a promis à ses concitoyens. Pas de miracle, Il faudra des centaines de milliards de dollars et des années si l’accord est appliqué…
-Il attaque de plus en plus la presse qui constate son manque de résultats et la défaite de la plupart de ses candidats lors des primaires. Il a annoncé dimanche vouloir signaler à l’autorité américaine des communications (FCC) une journaliste de la chaîne NBC. Il vise « Kristen Welker, l’impopulaire « animatrice » de l’émission jadis prestigieuse « Meet the Press », désormais qualifiée par lui de « Meet the Fake Press », qui a déclaré qu’il avait obtenu des « résultats mitigés ».Un crime de lèse-majesté.
-Pour couronner le tout, Donald Trump a publié jeudi son classement des présidents des Etats-Unis. Il est évidemment le « plus grand », « the greatest », devant Abraham Lincoln, George Washington et Thomas Jefferson. Les classements les plus sérieux le mettent à la dernière ou avant dernière place. Sa cote de popularité est tombée à 33%.
On comprend que Trump qui ne reconnait jamais un échec cherche à faire diversion. Son souci constant reste de paraître, de dire plutôt que faire.
