Après des menaces de nouveaux droits de douane, Donald Trump promettait embellie et paix au Canada qu’il aimerait devenir un Etat américain, mais vendredi dernier, le Premier ministre canadien a rompu les négociations. Des deux côtés, les droits de douane vont bondir.
Pourquoi ? Mark Carney, l’homme qui résiste aux Etats-Unis, s’est justifié en affirmant qu’il défendait l’usage de la langue français non seulement au Québec mais dans tout le Canada. En effet, l’administration Trump a exigé la suppression des subventions à la culture francophone, la remise en cause de la place des médias francophones en ligne et l’obligation d’étiquetage bilingue des produits vendus au Canada.
Washington s’élève contre les lois 96 et 109 du Québec qui affirment sa souveraineté culturelle et imposent une part de contenu en français sur les grandes plateformes et dans le numérique. Joe Biden n’appréciait pas mais respectait l’accord Canada-Etats-Unis-Mexique (Aceum) entré en vigueur en juillet 2020 qui autorise des subventions et des lois mettant la création à l’abri de la concurrence étrangère. Mais, l’an dernier, les services de Trump ont classé la détermination québécoise comme de « barrière technique » aux échanges commerciaux. Le Bureau du représentant du commerce des Etats-Unis estime que 20 % des entreprises américaines renoncent à exporter leur production vers le Québec en raison de ces contraintes, notamment du surcoût pour les étiquettes bilingues.
C’est en français que Mark Carney à qui l’on reprochait de mal le parler mais qui l’apprend, a annoncé la rupture car les États-Unis ont franchi une ligne rouge pour le Canada en demandant des concessions sur la protection du français. « Ici, au Québec, ici, au Canada, ce sont des droits fondamentaux », a-t-il déclaré. Il a aussi repris le slogan de la « Révolution tranquille » du Québec en 1962 : « Nous sommes maîtres chez nous ».
L’an dernier, à la veille du 2 avril, « jour de la libération » selon Donald Trump, il avait déclaré que « jamais la langue française, la culture canadienne et québécoise et la gestion de l’offre ne seront sur la table » de négociations avec les Etats-Unis.
Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a qualifié de « fausse nouvelle drôle » le fait invoqué par Ottawa que les exigences liées à la langue aient posé problème. Difficile à croire même si, fidèle à son habitude, Donald Trump est monté au créneau pour accuser la partie adverse. Sur son compte Truth Social, il a soutenu qu’il « n’empêcherait jamais les Canadiens de parler français », ajoutant qu’il n’a « même jamais songé à faire une chose aussi stupide ». « Ce mensonge a été inventé par un premier ministre faible et inefficace dans le but de regagner le soutien politique de la population québécoise, qu’il a totalement perdu ». Pour bien enfoncer son clou, le président américain a ajouté : « le Canada dépouille les Etats-Unis d’Amérique depuis des années ». Reproche classique pour celui qui affirme que l’Europe « entube » son Amérique, en profite.
Toujours dans la même veine, et ce qui montre quand même qu’il est en veut à son voisin, il a rebaptisé le Lac Ontario, frontalier entre les deux pays « Lac d’Amérique »…
