Malgré le froid glacial, jusqu’à moins trente degrés, des habitants de Minneapolis restent dans la rue pour faire face aux agents de la police de l’immigration (ICE) qui a tué deux personnes et a pris un enfant de cinq ans pour s’en servir comme appât pour entrer chez ses parents et arrêter son père.
Malgré les preuves fournies par de nombreuses vidéos, Trump et ses ministres affirment que l’homme tué avec le concours de la police des frontières, Alex Pretti, un infirmier de 37 ans, était armé et violent. Sur son réseau Truth Social, le président écrit que «le maire et le gouverneur poussent à l’insurrection avec leur rhétorique pompeuse, dangereuse, et arrogante», au lieu de laisser la police de l’immigration tranquille pour «faire son boulot». Et il précise sans prouver que : «12 000 criminels étrangers en situation irrégulière, dont beaucoup sont violents, ont été arrêtés et expulsés du Minnesota. S’ils étaient encore là, vous verriez quelque chose de bien pire que ce dont vous êtes témoins aujourd’hui !»
La colère contre l’ICE monte dans d’autres villes ou Etats sanctuaires où une juridiction qui réduit la collaboration du gouvernement local avec les autorités fédérales en matière d’immigration. La Californie, le Maine, le Massachusetts, le Michigan, le New Jersey, New York, l’Oregon, la Pennsylvanie, le Vermont et Washington sont dans ce cas. Des Etats démocrates, cibles préférées de l’administration trumpienne.
L’ICE, considérée comme une milice au service des ambitions de Trump compte environ 22 000 agents recrutés souvent sans diplômes ni qualifications mais avec de fortes primes. S’ils arrêtent des sans -papiers venus de « pays de merde », ils s’attaquent aussi aux non-Blancs en situation légale présentés comme des profiteurs du système, des bandits entrés illégalement aux États-Unis, des criminels … Dans les prisons de l’ICE, trente-deux personnes sont déjà mortes. Zéro avant Trump… Ces prisons privées, souvent propriété d’amis du président, font des bénéfices record…
Le locataire de la Maison Blanche affirme que sa politique anti immigration est une réussite totale. En effet, pour la première fois depuis au moins cinquante ans, le solde migratoire des Etats-Unis a été négatif en 2025, selon un rapport publié mardi par la Brookings Institution. Le nombre de personnes ayant quitté le pays, de gré ou de force, a été supérieur à celui des immigrants qui y sont entrés, relève cette étude. Cependant, le Bureau du budget du Congrès qui analyse les tendances en matière d’immigration estime que le solde migratoire net est resté positif l’an dernier, à 400.000 personnes.
La baisse de l’immigration, liée au ralentissement de la croissance démographique, pourrait entraîner une croissance plus faible de l’emploi, du PIB et des dépenses de consommation, donc nuire à l’économie que Trump voit sans égale et magnifique.
A Minneapolis, Paul Sullivan, porte-parole de l’Union américaine pour les libertés civiles (Aclu), décrit l’ICE comme «une organisation paramilitaire», «une milice semblable à la Gestapo», composée de «brutes» et de «mercenaires» qui n’étaient «pas assez compétents pour être enrôlés dans l’armée et pas assez malins pour intégrer la police». D’autres estiment que «le pays se dirige vers l’Allemagne nazie des années 30, ils font les mêmes choses. Si vous n’êtes pas blanc, il faut montrer vos papiers quand vous sortez ».
Dans le camp démocrate, certains pensent que l’ICE sème le chaos afin que le président invoque l’Insurrection qui lui permettrait de déployer l’armée à Minneapolis et dans des villes démocrates. Trump, en difficulté malgré tout ce qu’il prétend, pourrait ensuite déclencher l’État d’urgence nationale qui lui donnerait des moyens sinon d’annuler les midterms du 3 novembre, au moins de les manipuler en sa faveur. Il a déjà commencé…
