« Tout le pays pourrait être anéanti en une seule nuit » se vante l’inénarrable Donald Trump qui affirme « ne pas s’inquiéter » de commettre des crimes de guerre car, se justifie-t-il, le « crime de guerre » serait de laisser l’Iran se doter de l’arme nucléaire et de laisser le régime iranien prospérer. « Ils tuent des manifestants. Ce sont des animaux ». Dans toute guerre, des civils sont tués? Crimes ou pas?
Ce matin, sur la radio française France info, le ministre français des Affaires étrangères a indiqué que « si nous nous opposons toujours aux frappes contre les infrastructures civiles et énergétiques, c’est d’abord parce qu’elles sont exclues par les règles de la guerre, du droit international ». Pour sa part, le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a averti que toute attaque contre de telles infrastructures est interdite par le droit international.« Même si des infrastructures civiles spécifiques devaient être considérées comme un objectif militaire, a déclaré Stéphane Dujarric, une attaque resterait interdite si elle risque d’entraîner des dommages collatéraux excessifs pour les civils ». Sans doute, mais en réalité, le droit est plus complexe que cela. Si une des conventions de Genève stipule que « la destruction et l’appropriation de biens non justifiées par des nécessités militaires et exécutées sur une grande échelle de façon illicite et arbitraire » constitue un crime de guerre, il est précisé dans un protocole additionnel que si un site civil constitue « un appui direct d’une action militaire » d’une partie, il peut alors figurer comme une cible légitime par un belligérant. Une centrale électrique peut donc être attaquée en vertu du droit des conflits armés si elle alimente en électricité une base militaire en plus des populations civiles. Détruire un pont peut avoir une vraie utilité militaire, pour empêcher le passage de troupes ennemies, Toutefois, la frappe ne doit pas «causer de préjudice disproportionné à la population civile, et tout doit être mis en œuvre pour minimiser ce préjudice».
C’est ce que l’on appelle le principe de proportionnalité selon lequel avant de lancer une attaque, les commandements militaires doivent apprécier le contexte et les conséquences possibles pour les civils et les biens civils. Chaque pays, chaque armée évalue le coût-bénéfice en termes de vies civiles sacrifiées, appelé NCV pour « non-combattant casualty cut-off value » – ou « valeur seuil des victimes non-combattantes ». Qu’on l’accepte ou non, le droit de la guerre, le droit humanitaire international permet de tuer des civils. En se lançant dans la capture de Ben Laden , l’Amérique avait fixé son NCV à 30 civils tués. A Gaza, Israël est beaucoup plus généreux, son NCV montait jusqu’à 300 civils tués pour un haut commandant du Hamas éliminé.
Combien d’iraniens qui souffrent déjà sont prêts à sacrifier Donald Trump qui ne se soucie pas du droit international et n’a pour limite que « sa propre moralité, son propre esprit » ?
