Le 7 octobre et Gaza vont peser sur les élections israéliennes du 27 octobre et influencer les résultats. Benjamin Netanyahou, qui veut rester au pouvoir et se présente comme le seul garant de la sécurité de son pays, est de plus en plus mis en cause dans l’attaque meurtrière du Hamas. Les révélations se succèdent : après celle sur l’avertissement donné par les Emirats arabes unis vient celles sur l’Egypte qui, par deux fois, a prévenu, d’abord en juin puis le 26 septembre quand le chef des services de renseignements égyptiens, Abbas Kamel, est venu dire que le Hamas « semble se mobiliser en vue d’une attaque majeure » et que pour « éviter la catastrophe », a recommandé d’accorder des concessions, notamment économiques, au Hamas, ajoutant : « Si vous ne changez pas de cap, Gaza va exploser ». Netanyahou n’a pas écouté, expliqué que « toute action israélienne à Gaza pourrait compromettre les perspectives de normalisation entre l’Arabie saoudite et Israël » et, niant absolument tout, il continue d’imputer la responsabilité du 7 octobre aux responsables de la sécurité israélienne. Il serait pourtant allé dimanche dernier aux Emirats pour demander à Mohammed Ben Zayed de tout démentir.
Difficile de ne pas croire ces révélations quand elles viennent des journaux comme le New York Times, le Wall Street Journal, The Atlantic, Haaretz et Times of Israël.
L’Etat hébreu est divisé et une partie de ses habitants restent fidèles au Premier ministre et à ses extrémistes tels Bezalel Smotrich qui, dimanche, a appelé à l’annexion du sud du Liban et d’une partie de la bande de Gaza, et a souhaité une guerre en Cisjordanie pour en chasser l’Autorité palestinienne « qui soutient le terrorisme ». Ou Itamar Ben Gvir qui présente un plan pour vider Gaza de ses habitants en les aidant financièrement à partir.
Une partie des électeurs sera, peut-être sensible aux mots de la rabbine Delphine Horvilleur qui exerce en France et qui publie, le 8 octobre, un livre intitulé « Sermons sous les décombres ». En mai 2025, elle avait déjà dénoncé la «tragédie endurée par les Gazaouis» et le risque de «faillite morale» que fait peser sur Israël la politique de son gouvernement. Aujourd’hui, elle dit au quotidien Libération que si elle défend le droit d’Israël à exister, elle soutient « ceux qui croient encore au rêve de la coexistence ». Et elle livre son sentiment sur Netanyahou : « il y a autour de cet homme une sorte de culte du chef. Certains, parmi ses soutiens inconditionnels, parlent de lui comme une sorte d’héritier du roi David biblique. On pourrait découvrir les pires choses sur lui que rien ne changerait la confiance qu’on lui accorde. Il tient toujours un discours qui repose sur la peur, la plus puissante des émotions pour mobiliser des électeurs ». Pour la rabbine, les élections vont déterminer l’avenir du pays. Elle sera en Israël pour voter.
Des électeurs seront-ils influencés par le film documentaire « Naza » primé à la Mostra de Venise, qui livre les témoignages anonymes de 24 soldats et membres des services de renseignement israéliens qui décrivent la façon dont, d’après eux, l’armée tue sciemment de nombreux civils lors de frappes visant des membres du mouvement islamiste Hamas. Naza est l’acronyme militaire israélien désignant les « dommages collatéraux » estimés avant chaque frappe.
Ce film, qui a déclenché une tempête politique en Israël où ses auteurs sont accusés de trahison, sera disponible « gratuitement sur Internet » à partir de novembre.
