Inlassable, mais les traits tirés, Volodymyr Zelensky s’adresse au monde pour obtenir du soutien. Il a appelé mercredi soir les citoyens du monde entier à descendre dans les rues pour protester contre l’invasion de son pays par la Russie. « Allez-y avec des symboles ukrainiens pour défendre l’Ukraine, pour défendre la liberté, pour défendre la vie ! », a lancé M. Zelensky dans un message vidéo en anglais. « Retrouvez-vous sur les places, dans la rue, montrez-vous et faites-vous entendre ! » Aujourd’hui, il a demandé à l’Otan de fournir « une aide militaire sans restriction » à son pays, pour qu’il puisse faire face à l’armée russe que Kiev affronte pour l’instant « dans des conditions inégales ». « Pour sauver les gens et nos villes, l’Ukraine a besoin d’une assistance militaire sans restriction. De même que la Russie utilise, sans restriction, tout son arsenal contre nous », a déclaré M. Zelensky dans un message vidéo publié sur son compte Telegram, à l’attention des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Alliance atlantique, réunis en sommet extraordinaire à Bruxelles. ll a renouvelé notamment ses demandes d’avions de chasse et de chars, notamment pour « débloquer » Marioupol, Berdiansk ou Melitopol, des villes du sud de l’Ukraine assiégées ou occupées par l’armée russe. « Vous avez des milliers d’avions de chasse. Mais on ne nous en a pas encore donné », a-t-il lancé. « Vous avez au moins 20.000 chars (…) L’Ukraine a demandé un pour cent de tous vos chars ! Donnez-les nous ou vendez-les nous ! Mais nous n’avons toujours pas de réponse claire». Le président ukrainien a par ailleurs accusé la Russie d’utiliser des bombes au phosphore sur des cibles ukrainiennes. L’Otan n’a pas confirmé ni répondu directement au président ukrainien.
Son secrétaire général Jens Stoltenberg a annoncé qu’elle va fournir à l’Ukraine des équipements de protection contre les menaces chimiques, biologiques et nucléaires et va protéger ses forces déployées sur le flanc oriental contre ces menaces. Les Alliés sont « préoccupés » par la possibilité de l’utilisation de telles armes en Ukraine après l’invasion russe et « sont convenus de fournir des équipements pour aider l’Ukraine à se protéger contre les menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires », a expliqué le Norvégien Jens Stoltenberg à l’issue d’un sommet extraordinaire des dirigeants de l’Alliance. « Il pourrait s’agir de détection, d’équipement, de protection et de soutien médical, ainsi que de formation à la contamination et à la gestion des crises », a-t-il précisé. Les dirigeants de l’Alliance ont également approuvé la création de quatre nouveaux groupements tactiques en Roumanie, en Hongrie, en Bulgarie et en Slovaquie, et de renforcer les quatre déjà constitués en Pologne et dans les trois pays Baltes. Plus de 100.000 militaires américains sont actuellement présents en Europe et plus de 40.000 troupes sont sous commandement direct de l’Otan dans la partie orientale de l’Alliance, a souligné Jens Stoltenberg. « C’est du jamais vu », a-t-il déclaré.
Le président français a, pour sa part, indiqué que « le sommet de l’Otan, ce matin, a permis d’acter plusieurs éléments. D’abord, une unanimité pour continuer de renforcer le soutien à l’Ukraine, le matériel dont elle a besoin (…) Au fond, la ligne reste la même pour l’ensemble des Alliés : fournir des armes, défensives et létales, le faire dans un cadre d’efficacité complète, mais avec une ligne rouge, qui continue de ne pas être cobelligérants ;é Et il a affirmé que « l’économie russe est d’ailleurs, au moment où je vous parle, en cessation de paiement. Sa monnaie a dévissé, son isolement est croissant et notre pression ira en s’accentuant, en cherchant, là aussi, par tous les moyens, un cessez-le-feu, et la paix ».
Washington a annoncé de nouvelles sanctions financières contre la Russie, visant le monde politique, des oligarques et l’industrie de défense et renforce la coordination avec ses alliés occidentaux pour empêcher la Russie d’utiliser ses réserves d’or. Ces mesures, qui impliquent en particulier un gel des avoirs aux États-Unis, concernent 328 députés de la Douma et l’institution elle-même ainsi que 48 « grandes entreprises publiques » du secteur de la défense, selon un communiqué de la Maison-Blanche. Le gouvernement britannique avait, un peu plus tôt, annoncé une nouvelle série de sanctions visant 59 personnalités et entreprises russes et six entités biélorusses. En France, Le groupe Renault – le constructeur automobile de taille mondiale le plus implanté dans le pays de Vladimir Poutine – a indiqué qu’il suspendait son activité industrielle en Russie. Par contre, Leroy-Merlin et Adeo -Auchan et Decathlon- continuent par crainte d’expropriation.
La Pologne, l’Allemagne et l’Autriche, refusent de payer le gaz russe en roubles, demande formulée hier par Vladimir Poutine. Si la Russie se prive de devises, elle renforce le rouble qui était en chute libre…
Sur l’Ukraine, les bombes tombent sans cesse. Un bombardement a tué 6 civils et en a blessé 15 autres à Kharkiv. Le gouverneur régional, Oleg Syniegoubov, précise sur Telegram qu’il a touché un bureau de poste près duquel des habitants recevaient de l’aide humanitaire. La marine ukrainienne, elle, affirme avoir détruit un navire de transport de troupes russe ancré dans le port de Berdiansk, ville ukrainienne contrôlée par la Russie et située à proximité de Marioupol sur la mer d’Azov. Le navire en question aurait possiblement été touché par une frappe ukrainienne de Tochka, un missile balistique tactique de courte portée qui avait déjà été utilisé lors d’une frappe à Donetsk le 14 mars, selon les autorités russes.
Plus de la moitié des enfants ont dû quitter leur foyer pour fuir l’insécurité et les combats, a annoncé l’Unicef. « Un mois de guerre en Ukraine a entraîné le déplacement de 4,3 millions d’enfants, plus de la moitié de la population enfantine du pays, estimée à 7,5 millions », a détaillé le Fonds des Nations unies pour l’enfance.
