Le 17 mars, au lendemain du bombardement du théâtre de Marioupol, la déléguée ukrainienne aux droits humains, Lioudmyla Denissova, avait déclaré le 17 mars que l’abri situé dans le théâtre avait résisté au bombardement. Ensuite, le président Zelensky a déclarait que plus de 130 personnes avaient pu être sauvées du bâtiment, mais que des « centaines » d’autres demeuraient sous les décombres. Aujourd’hui, la mairie dit redouter que 300 personnes aient péri : « « Des témoins ont des informations selon lesquelles environ 300 personnes sont mortes au théâtre dramatique de Marioupol à la suite d’un bombardement par un avion russe. Jusqu’au bout, on ne veut pas croire à cette horreur. Jusqu’au bout, on veut croire que tout le monde est sauf. Mais les témoignages de ceux qui se trouvaient à l’intérieur du bâtiment au moment de cet acte terroriste disent le contraire ». On ne connaît toujours pas le bilan du bombardement de l’école d’Art de la ville portuaire. Le dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov a affirmé que sa milice paramilitaire, qui combat aux côtés de l’armée russe, a pris la mairie de cette ville portuaire, puis s’est rétracté. Il ne s’agit que d’un bâtiment officiel dans la banlieue
Si Kiev résiste toujours et s’installerait dans une guerre d’usure, si l’armée russe recule, si l’armée ukrainienne a repris Makariv en périphérie d la capitale, d’autres villes sont bombardées chaque jour. A Kharkiv, un bombardement aux lance-roquettes multiples », a fait quatre morts et plusieurs blessés. Un aumônier militaire a été tué par de tirs ukrainiens de roquettes « Smertch » sur un village frontalier russe, non loin de la ville ukrainienne de Kharkiv, a annoncé, vendredi 25 mars, le département militaire de l’Eglise orthodoxe en Russie. Il s’agit du premier décès en territoire russe suite à des tirs ukrainiens qui a été rendu public depuis le début de l’offensive. La Russie a affirmé avoir détruit jeudi soir la plus grande réserve de carburant de l’armée ukrainienne près de Kiev avec des missiles de croisière. Le ministère ukrainien des Situations d’urgence a confirmé le bombardement.
Alors que les négociations font du sur place et que les forces de Moscou sont victimes d’une logistique défaillante, il apparaît que Vladimir Poutine est confronté à des choix difficiles : comment et où reconstituer ses forces terrestres épuisées, s’il doit s’attaquer au flux d’armes occidentales destinées aux défenseurs ukrainiens, et à quel prix il pourrait intensifier ou élargir la guerre. Bien qu’il n’ait pas réussi à remporter une victoire rapide, Vladimir Poutine ne cède pas face à la pression internationale croissante, notamment aux sanctions qui ont mis à mal son économie. Le monde occidental est largement aligné contre lui, mais rien n’indique qu’il perd le soutien de la majorité de la population russe, qui s’appuie principalement sur la télévision contrôlée par l’État pour s’informer.
L’adjoint au chef de l’état-major russe, Sergueï Roudskoï a annoncé cet après-midi ce qui pourrait constituer un changement de stratégie. Affirmant que les objectifs initiaux de « l’opération militaire » qu’elle mène en Ukraine depuis le 24 février ont été atteints, il a déclaré que les capacités de combat des forces ukrainiennes ont été réduites de manière importante, ce qui permet (…) de concentrer le gros des efforts sur l’objectif principal : la libération du Donbass ». Le fait que ce soit un adjoint qui ait parlé interroge : depuis le 11 mars, le chef d’état-major, le général Valery Guerassimov n’a pas été vu en public. Tout comme le ministre de la Défense Serguei Choïgou. En disgrâce ? Non, dit le Kremlin. Le ministre a été aperçu brièvement jeudi lors d’une réunion en visioconférence, mais certains estiment que c’est un montage. Les rumeurs continuent.
Le président Biden, qui est en Pologne, a rencontré des soldats américains qu’il a remercié : « Vous êtes là pour défendre la démocratie contre l’autocratie, vous êtes la première ligne de défense du monde libre. La démocratie doit l’emporter » ». Avant d’arriver au plus proche de l’Ukraine, il avait averti son homologue russe que l’utilisation de l’arme chimique entrainerait « une réponse » adaptée mais que les Etats-Unis n’utiliseront jamais une telle arme. Le Kremlin a rétorqué en affirmant que « la Russie n’a jamais violé aucune convention internationale » et en accusant les Etats-Unis de vouloir « détourner l’attention » du programme d’armement chimique et biologique américain en Ukraine. Un programme qui, selon les experts, n’existe pas.La Russie, qui en était resté à 498 de ses soldats tués, a publié un nouveau bilan loin de celui avancé par les Occidentaux : 1351 morts et 3825 blessés. Moscou affirmé par ailleurs avoir accueilli 419 736 réfugiés d’Ukraine.
