La France, toujours sous le choc, s’interroge : comment faire pour que cela ne se reproduise pas et d’ailleurs, pourquoi ces événements violents ont eu lieu ? Crise sociale, colère contre la vie chère, instrumentalisation politique à des fins électorales, conséquence de l’immigration ? Un peu de chaque… Le sondeur et analyste politique Jérôme Fourquet insiste aussi sur une « culture de l’émeute installée dans le pays » avec d’un côté des manifestants classiques et de l’autre des individus venus casser et piller.
En France, comme à l’étranger, de nombreux commentateurs lient les violences et pillages à l’immigration. A l’extrême droite, Éric Zemmour parle de « horde de barbares maghrébins et africains, de haine de la France et de revanche de la colonisation ». Jordan Bardella estime qu’ « il est urgent de reprendre le contrôle de nos frontières et de notre politique migratoire. La France, déjà multi-fracturée, ne peut plus accueillir 500.000 immigrés légaux par an, au risque d’alimenter la poudrière». Bruno Retailleau pense qu’ « il y a un lien entre une immigration massive qui crée des désordres sécuritaires et ce qui s’est passé. A gauche et à l’ultragauche, on préfère charger un gouvernement incapable et en faillite et une police violente et raciste.
Dans une Europe touchée peu ou prou par des troubles – Allemagne, Belgique, Grèce, Italie, Albanie ; Espagne, Portugal – on met de plus en plus en avant la nécessité de freiner les flux migratoires et de fermer les frontières. Les plus allants sont le Premier ministre Hongrois Magyar qui a écrit sur les réseaux sociaux qu’ « en voyant cette destruction insensée et cette violence injustifiée, il est peut-être désormais clair pour tout le monde pourquoi la Hongrie adopte la position la plus dure possible sur la migration ». Et son collègue polonais Donald Tusk qui a assuré que son pays ne « répèterait ni ne paierait » les erreurs commises par d’autres pays, en soulignant que Varsovie maintiendrait sa politique stricte en matière d’asile et défendrait fermement sa frontière contre la migration illégale.
Les charges les plus rudes viennent cependant des Etats-Unis où Trump, pas avare de propos stupides, écrit sur son réseau Truth Social : « La France brûle ! L’immigration de personnes issues d’un monde totalement différent, des personnes qui ont la haine au cœur, a brisé ce pays autrefois grand ». Le 6 octobre, il avait déjà écrit que « l’islam » et une « immigration de masse hors de contrôle » étaient à l’origine du mouvement lycéen. Son vice-président Vance ne lui cède en rien quand il affirme sur X que « les progressistes occidentaux ont importé le tiers-monde en France et d’autres pays au nom de la diversité et de la compassion. Ils ont négligé les questions fondamentales d’assimilation et de compatibilité. On leur a dit que cela finirait comme cela et ils n’ont pas écouté».
La Russie et l’Algérie profitent aussi des événements pour accabler la France. Les médias russes voient une civilisation en déclin parce qu’elle a abandonné ses valeurs chrétiennes et l’émissaire de Poutine, Kirill Dmitriev « un suicide de la civilisation occidentale provoqué par le chaos migratoire ». Le quotidien algérien El Watan indique qu’ « il faut s’attendre, une fois de plus, à ce que des responsables politiques se lâchent sur les migrants et sur les Maghrébins » et note qu’ « un pouvoir qui ne se fait plus entendre ne gouverne plus ».
Moins politique, le journal belge Le Soir rappelle que « le profil des interpellés reste incertain ». Il y a, en effet, parmi eux des « Blancs, des « jeunes bobos »… Pas de profil type. Accuser les jeunes issus de l’immigration est réducteur et profondément injuste. On ne peut condamner toute une communauté dont l’immense majorité des membres, Français ou non, vivent tranquillement et travaillent pour le bien de la France.
