Universités d’été des insoumis et des socialistes, débats télévisés dont un face aux patrons, présence de candidats à une foire agricole, meetings, sondages à profusion : les Français pourraient se croire en pleine campagne électorale. Et pourtant, on n’en est qu’au galop d’essai, même si les prétendants abordent les grands thèmes sur lesquels se détermineront les électeurs.
Bien sûr, tous assurent qu’avec eux, la France, qui est dans une situation économique difficile, ira mieux et qu’ils répondront dès le début de leur mandat, au besoin par ordonnances et non à la suite de vote à l’Assemblée nationale, à leurs principales préoccupations. La première concerne le pouvoir d’achat, le niveau de vie (46%). Viennent ensuite la sécurité, le fonctionnement des services publics (30%), la dette et le budget (28 %), l’immigration (27%), l’environnement (20%) et les crises internationales (9%). Dans tous les camps, la même promesse : le travail paiera plus et le revenu, à la traîne au niveau européen, sera nettement augmenté. Comment ? Là, c’est la grande foire aux idées plus ou moins simplistes, mais qui font mouche auprès d’électeurs déjà convaincus : économiser sur l’immigration et contribution au budget européen pour le Rassemblement national, faire payer les entreprises, les riches, les milliardaires qui sont des « nuisibles » pour les Insoumis de Mélenchon, taxer lourdement les gros héritages pour Glucksmann, se servir mieux de l’impôt, « ce bien commun » pour le socialiste Faure qui se déclare aussi candidat, baisser les dépenses sociales, réduire les pensions de retraite…
L’âge de la retraite divise également les aspirants présidents. 60 ans, 67 ans ? Et pareil que pour les salaires : qui va financer, payer ?
Au-delà de ces quelques sujets cruciaux, les candidats sont, selon les sondages, face à des Français qui veulent la « rupture » -jusqu’où ?-, se disent « en colère » (52%) ou seulement mécontents (46%) et voient à 85% leur pays « en déclin ». 2% de satisfaits ! Pour l’instant, la bonne trentaine de prétendants vend surtout du rêve afin de s’installer durablement dans le paysage présidentiel. Ils savent cependant qu’ils sont trop nombreux, que dans l’état actuel, Marine Le Pen sera élue. Jean-Luc Mélenchon, en baisse, ne fait pas le poids. Edouard Philippe est le mieux placé, mais il lui faudrait plus de ralliements, celui de Gérald Darmanin ne suffit pas. De plus, il y a celui que l’hebdomadaire Le Point appelle « l’embusqué », François Hollande qui se déterminera en décembre. Il pense qu’alors, le paysage présidentiel se sera éclairci, que certains auront renoncé et qu’il aura sa chance de convaincre tant à gauche qu’au centre.
Quoi qu’il en soit, une certitude s’impose : si la droite, la gauche et le centre se présentent en ordre dispersé avec plusieurs candidats, le résultat est connu…
