La patience des Etats du Golfe atteint gentiment mais sûrement ses limites. Depuis le début du conflit, l’Iran a multiplié les frappes contre des installations industrielles et des champs pétroliers. En Arabie saoudite et au Qatar, certaines voix évoquent désormais une possible entrée en guerre. Mais plus qu’aucun autre, les Emirats arabes unis songeraient désormais sérieusement à s’impliquer dans le conflit.
Selon le «Wall Street Journal», Abou Dhabi étudie la possibilité de rejoindre les Etats-Unis et d’autres alliés pour rouvrir, si nécessaire par la force, le détroit stratégique d’Ormuz. Les Emirats pourraient ainsi devenir le premier Etat du Golfe à s’engager directement dans le conflit en réponse aux attaques répétées visant leur territoire, y compris des infrastructures civiles comme des aéroports ou des hôtels.
Les autorités émiraties examinent plusieurs options militaires, allant du déminage à des opérations de soutien, et ont même suggéré que les Etats-Unis prennent le contrôle d’îles stratégiques du Golfe, comme Abou-Moussa, sous contrôle iranien mais revendiquées par les Emirats. «Il existe un large consensus mondial pour garantir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz», a indiqué le ministère des Affaires étrangères.
Ce tournant marque une rupture majeure avec la position jusque-là prudente des Emirats, longtemps considérés comme un médiateur entre Washington et Téhéran. La crise a également des répercussions économiques: certains ressortissants fortunés quittent la région, cherchant refuge à l’étranger, notamment en Suisse, comme le rapporte le quotidien suisse Blick.
