La défiance présidera aux négociations qui doivent s’ouvrir aujourd’hui à Islamabad où délégations américaine et iranienne entreront en discussion pour trouver un accord sur la fin de la guerre déclenchée le 28 février et ramener la paix dans la région. Défiance et aussi tension car les deux parties s’appuient sur des textes différents.
Après avoir déclaré que le document en dix points présenté par l’Iran fournissait une base « acceptable », Donald Trump a brandi ses quinze points opposés à ceux de Téhéran. Certes, les deux sujets majeurs sont les mêmes, le nucléaire et le détroit d’Ormuz, mais les objectifs diffèrent ; l’un veut enrichir l’uranium, l’autre lui refuse ce droit, l’un entend imposer un péage pour franchir le détroit d’Ormuz, l’autre rejette cette revendication illégale. Il y a quelques jours encore, le président américain trouvait intéressante l’idée d’une société commune américano-iranienne chargée de percevoir ce péage… Illégalité totale mais belle odeur de dollars.
Les négociateurs seront-ils de bonne foi ? On peut en douter, mais d’ailleurs, viendront-ils dans la capitale du Pakistan qui s’est barricadée, fermant les rues, mobilisant l’armée et décrétant deux jours fériés pour assurer la sécurité. Les Iraniens, Abbas Aragchi et Bagher Ghalibaf ne sont pas arrivés à Islamabad hier soir comme prévu. Parce que Israël tape toujours au Liban ? Parce qu’ils craignent pour leur vie ? En septembre 2025, des émissaires du Hamas invités au Qatar par les Etats-Unis avaient été tués par les services de Netanyahou… À Washington, on murmure que le vice-président JD Vance pourrait ne pas venir, également pour des raisons de sécurité.
Toutes ces incertitudes n’empêchent pas Donald Trump de se montrer « très optimiste » car les Iraniens « s’expriment très différemment lors des réunions par rapport à ce qu’ils disent à la presse. Ils sont beaucoup plus raisonnables. Ils acceptent tout ce qu’ils doivent accepter. N’oubliez pas qu’ils ont été vaincus », a-t-il affirmé à la chaîne NBC News.
Ce qui est sûr, par contre, c’est que l’on est loin de l’objectif initial qui était de libérer le peuple du joug des gardiens de la révolution islamique. Iraniennes et Iraniens souffrent toujours. Ce vendredi, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) a envoyé depuis la Turquie voisine un convoi d’aide d’urgence pour répondre à une « situation humanitaire désespérée », selon l’organisation. « Les besoins humanitaires en Iran sont extrêmement importants », a justifié le porte-parole de la FICR Scott Craig à l’AFP avant le départ du convoi.
