La vidéo de militants de la flottille pour Gaza maltraités, ligotés et humiliés, diffusée avec fierté par le ministre israélien Itamar Ben Gvir, a horrifié et indigné le monde. Dans un certain nombre de pays, l’ambassadeur de l’Etat hébreu a été convoqué pour entendre leur réprobation et donner des explications. Et ils répondent, comme leur Premier ministre, que le comportement de Ben Gvir est contraire aux valeurs du judaïsme, d’Israël.
Cependant, ce n’est pas la première fois que le ministre extrémiste et suprématiste se met en scène et menace des militants pour Gaza ou des prisonniers palestiniens. Par exemple, en octobre dernier, il déclarait devant un groupe de militants arrêtés : « Je suis fier que nous traitions les militants de la flottille comme des soutiens du terrorisme ». Benjamin Netanyahou approuvait et justifiait : « Israël a pleinement le droit d’empêcher de provocatrices flottilles de partisans de terrorisme du Hamas d’entrer dans nos eaux territoriales et d’atteindre Gaza ».
Aujourd’hui, Bibi critique la forme plus que le fond et même ses opposants estiment toujours que les militants, qui vont être expulsés, sont des soutiens du terrorisme. Ce qui a changé, c’est que la majorité a éclaté, que la Knesset va être dissoute et que la campagne électorale a commencé. En ce sens, la vidéo de Ben Gvir est aussi un exercice de communication. Populaire à droite, il veut réaffirmer sa fermeté, rassembler, gagner des électeurs. En le remettant « gentiment » en place, Netanyahou et l’opposition s’affichent plus modérés… Mais les dérives de Tsahal et les sévices subis par les Palestiniens dans les prisons, documentés, demeurent. Israël est en crise morale et politique…
On ne saurait tenir tous les Israéliens pour responsables, mais la politique de Netanyahou, sa volonté de s’entourer de ministres extrémistes de de les laisser agir pour servir son grand dessin de rendre impossible la création d’un Etat palestinien, ont permis les dérives actuelles. Oui, il y a quelque part une faillite morale. Oui, les élections poseront la question de l’identité d’Israël.
