Doit-il rester ou partir ? Cette question cruciale posée aux électeurs israéliens n’a pas été tranchée dans les urnes. Benjamin Netanyahou et ses alliés extrémistes et religieux sont en tête (53 élus contre 48) mais pas assez nombreux pour constituer un gouvernement. Une fois de plus, les élections ont abouti à un paysage politique divisé, hétérogène qui peut évoluer dans tous les sens. Le président Isaac Herzog devrait logiquement demander à Bibi de former le gouvernement, mais, en réalité, l’Etat hébreu est entré dans un temps de marchandages, de promesses pas forcément tenues. En 2019, les électeurs avaient dû voter trois fois de suite…
Prêt à tout pour rester au pouvoir et éviter de rendre des comptes sur le 7 octobre et de faire face à la justice pour ses affaires de corruption, de fraude et d’abus de pouvoir, le Premier ministre crie au vol et tente sans aucune preuve à l’appui de délégitimer le vote arabe. Il peut dénoncer un « attentat contre la démocratie » visant à « islamiser Israël et faire chuter le gouvernement de droite », il n’en reste pas moins que les deux listes arabes, Ra’am (8 sièges) et la Liste arabe unifiée » (11 sièges) sont en position de faiseurs de roi. Ils pourraient soutenir un gouvernement sans Netanyahou sans y participer directement. Gadi Eisenkot, après avoir refusé de collaborer avec eux, pourrait accepter.
Les Arabes qui représentent 20% de la population ne sont pas les seuls en mesure de nommer le roi. En effet, les deux partis religieux ultra-orthodoxes ,qui représentent 14% de la population, ne se sentent pas liés obligatoirement à Benjamin Netanyahou. Avec 13 sièges pour le Judaïsme unifié de la Torah et 6 pour Shas, ils peuvent choisir, en fonction des offres, notamment sur la conscription, de rester alliés au Likoud ou de rejoindre l’opposition.
D’autres recompositions sont possibles. Il ne faut pas oublier que les opposants Naftali Bennett et Avigdor Liberman ont, naguère, été ministres de Netanyahou. On ne peut exclure un nouvel accord. Une autre hypothèse est envisagée : le Likoud lâche son leader et s’allient aux deux susnommés et à Gadi Eisenkot. Des observateurs se demandent aussi si Donald Trump, malgré son soutien « total et sans réserve à Bibi », ne va pas essayer de jouer un rôle. Les deux hommes ne seraient plus si proches… Une majorité d’Israéliens souhaite un gouvernement d’union nationale.
Le président Herzog a exhorté les partis politiques à « tout faire » pour former une coalition gouvernementale et éviter ainsi un nouveau scrutin.
