Le cessez-le-feu entré en vigueur jeudi soir au Liban tiendra-t-il ? A peine avait-il commencé qu’il a été violé, a dénoncé l’armée libanaise qui a fait part d’« un certain nombre de violations de l’accord, plusieurs actes d’agression israéliens ayant été recensés, sans compter les bombardements sporadiques qui ont touché plusieurs villages ». Le Hezbollah, “en réponse, a bombardé un rassemblement de soldats israéliens près de la ville de Khiam”.
Le Premier ministre israélien, qui a été forcé d’accepter cette trêve dont il ne voulait pas, a précisé que son opération militaire n’est pas terminée. Il est en position délicate car une partie des Israéliens estiment qu’il est en échec au Liban comme en Iran, surtout les habitants du nord du pays qui lui reprochent de ne pas les avoir vraiment protégés.
Le président américain, optimiste, maintient que les deux parties veulent la paix et ajoute « je crois que ça va se réaliser rapidement ». En réalité, il ne se soucie guère du Liban et ne voit que l’Iran qui lie les deux conflits. Il a donc invité Benjamin Netanyahou et Joseph Aoun à la Maison Blanche, une rencontre prévue dans les prochains jours. Même si elle a lieu, elle se tiendra sans le Hezbollah. Comment résoudre la question de son désarmement sans lui ? Comment l’Etat peut-il satisfaire Washington et Tel Aviv qui lui demande de « démontrer efficacement sa capacité à faire valoir sa souveraineté « ? L’armée ne veut pas se confronter aux combattants chiites et le Liban connaît une polarisation grandissante. La tension monte entre chrétiens et chiites ?
De plus, l’accord qui a établi le cessez-le-feu avantage largement l’Etat hébreu qui a le droit de « prendre toutes les mesures nécessaires en légitime défense, à tout moment, contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours ». Tsahal peut aussi conserver toutes ses positions au Liban. Le retour du million de déplacés n’est pas évoqué et les deux parties leur demandent de rester où ils ont trouvé refuge. Mais hier matin, ils étaient des milliers sur les routes pour retrouver leurs villages, leurs maisons. Trop souvent, ils se sont retrouvés au milieu de ruines. Les Israéliens ont rasé des dizaines de villages « conformément aux modèles de Beit Hanoun et de Rafah à Gaza » déclare le ministre israélien de la Défense, Israël Katz.
Israël et le Hezbollah restent sur le pied de guerre.
