La pression ne retombe pas à Minneapolis où des habitants s’arment pour résister aux agents de l’ ICE et de la police des frontières et expriment leur colère face aux « mensonges » de Trump et de son administration qui considère les deux citoyens de nationalité américaine tués comme des « terroristes ».
Les démocrates, totalement en discrédit depuis le retour de Trump semblent se réveiller et deux anciens présidents, Clinton et Obama, tentent de faire monter le vent de la révolte en proclamant que « cela doit cesser ». Le premier président noir appelle à un « sursaut » alors que les valeurs américaines sont « attaquées ». Son prédécesseur déclare qu’ «il appartient à tous ceux d’entre nous qui croient en la promesse de la démocratie américaine de se lever, de s’exprimer». Une soixantaine de PDG d’entreprises du Minnesota, dont les dirigeants de Target, Best Buy, 3M, General Mills ou encore UnitedHealth, appellent au calme et demandent aux responsables étatiques, locaux et fédéraux de collaborer, ce que refuse pour l’instant le FBI. Des basketteurs comme Tyrese Haliburton, le meneur-star d’Indiana, ou Breanna Stewart, la superstar de New York en WNBA, ligue professionnelle féminine, ont dénoncé les actions de l’ICE. Même le très puissant lobby des armes à feu la NRA (National Rifle Association of America), proche des Républicains s’insurge contre les justifications apportées à ce meurtre en affirmant : « Non, porter une arme sur soi à proximité des forces de l’ordre ne fait pas de vous une cible ».
Des élus républicains commencent à protester et réclament pour dissiper leur malaise une enquête indépendante. Trump va-t-il les entendre ? Dimanche soir, dans une brève interview téléphonique avec le Wall Street Journal, il a répondu : « Nous examinons la situation, nous passons tout en revue et nous rendrons une décision ». Il connaît un récent sondage Reuters qui indique que les électeurs démocrates ne soutiennent pas les opérations anti-immigration de Donald Trump, et qu’une part importante des partisans républicains (39 %) est sceptique.
Il sait surtout que les démocrates envisagent de provoquer un shutdown en votant contre un texte budgétaire qui comprend le financement du ministère de la Sécurité intérieure (DHS), chargé de mener la politique migratoire. Le financement de l’État fédéral arrive à expiration le 31 janvier et le texte adopté par la Chambre des représentants, arrive au Sénat où il faut 60 voix sur 100 pour le valider. Le précédent shutdown le plus long remonte à novembre dernier, lorsque démocrates et républicains s’étaient affrontés pendant 43 jours autour du financement de subventions d’assurance santé. Si des centaines de milliers de fonctionnaires sont alors placés en chômage technique, les policiers continuent de travailler, mais doivent attendre la fin de la paralysie pour percevoir leurs salaires…
