Il suffit que Donald Trump prenne la parole pour que la confusion augmente et que l’incohérence s’installe. Parce que l’Iran n’a pas cédé sur « le seul point qui compte », c’est-à-dire l’arme nucléaire, il annonce qu’il va bloquer le détroit d’Ormuz, empêcher tous les navires d’y entrer ou d’en sortir et intercepter tous ceux qui ont payé un péage.
Pourquoi cette nouvelle tension, cette escalade alors que, reconnaît-il, la réunion s’est bien passée et que des accords ont été trouvés ? Le départ de JD Vance après seulement 21 heures de pourparlers ne signifiait pas que les ponts étaient rompus. La communication directe entre Américains et Iraniens était enfin établie et semblait devoir durer. On entrevoyait un apaisement tant les deux parties manifestaient la volonté de mettre fin à la guerre.
La trêve n’est pas rompue et tout peut arriver, le meilleur comme le pire, mais pourquoi le locataire de la Maison Blanche a-t-il pris cette décision surprenante que l’on a du mal à expliquer, à justifier. Veut-il mettre une pression maximale pour que Téhéran cède rapidement ? Est-ce une réaction irréfléchie, le mouvement d’humeur d’un homme colérique et narcissique ?
En envoyant sa « formidable armada », Trump prend un risque militaire et ne fait que des mécontents. Y a-t-il réfléchi ? Hier encore, il disait que le détroit n’était pas l’affaire des Américains mais celle des pays qui l’empruntaient et en dépendaient. Aujourd’hui, en décidant de le bloquer, il pénalise ses alliés notamment les pays du Golfe qui ont déjà constaté que le soutien promis naguère par Washington n’était pas au rendez-vous. Comment vont-ils réagir ? Et la Chine ?
Trump a parlé, Trump agira-t-il ou sera-t-il le président « Taco » qui reculera une fois de plus ?
Demain matin, les marchés fermés le week-end vont rouvrir. Leur orientation changera-t-elle celle du président ? Et dire qu’avant l’intervention israélo-américaine, le passage du détroit était totalement libre. Leur guerre l’a bloqué et a donné des idées aux gardiens de la révolution.
