
Par Sayda Ben Zineb
La réouverture des salles de spectacles au public en Tunisie et dans le monde laisse espérer un retour à la « vie normale » des activités culturelles après une longue période des plus difficiles sur tous les plans, pour les raisons que nous connaissons.
La culture qui est parmi les secteurs qui en ont terriblement souffert, prend sa revanche ces jours- ci avec la programmation à Tunis, (pour ne parler que de la danse), de la seconde édition du Festival des Premières Chorégraphiques qui se déroulera du 9 au 12 février, à l’Espace El Teatro et au Rio, à Tunis. Un point de presse organisé par l’association Al Badil-L’Alternatice Culturelle vient d’avoir lieu à El Téatro, en présence de Mey El Borni, chef de projets, et des artistes participants, dont la danseuse chorégraphe franco- tunisienne, Cyrinne Douss.
Selon les organisateurs, le manque des canaux de diffusion et les mesures sanitaires mises en place ces deux dernières années suite au fléau de pandémie qui a frappé la planète, ont compliqué le travail des danseurs, et ont minimisé leurs possibilités de production. L’urgence était de créer un festival afin d’inviter le public ainsi que les professionnels, à explorer des œuvres inédites de jeunes chorégraphes tunisiens qui auront ainsi l’opportunité de présenter leur travail pour la première fois.
Créations tunisiennes et internationales
L’édition de cette année nous propose une programmation riche et variée avec 8 spectacles alternant entre créations tunisiennes et d’autres internationales, en invitant les chorégraphes, Florence Loison et Ambra Senatore. Mais aussi, des ateliers artistiques, webinaires, table ronde et débats autour du thème : « Un an après », et enfin, des rencontres entre les artistes et le public…
Pour paraphraser Sélim Ben Safia, le directeur artistique, « nous ne savons pas sur quel pied nous allons danser, mais nous sommes convaincus que cette édition va nous permettre de nous réunir, écouter, voir, et nous émouvoir surtout… »
Festival à caractère solidaire, les fonds collectés seront destinés aux artistes, et à leurs équipes pour poursuivre leurs recherches et les aider dans leurs processus de création. Les prix des billets varient entre 15d (adultes) et 10d (étudiants).
Participants et programme
Tel qu’annoncé dans le programme, Houssem Eddine Achouri présentera son spectacle « Exit » le mercredi 09 février à 18H00 à El Teatro, succédant à Meriem Bouajaja et Mohamed Chniti dans « Novice no voice » ; une collaboration artistique portée par la compagnie KIFI-KIFIK, sous la direction de deux jeunes chorégraphes et danseurs interprètes.
Formée initialement aux danses d’Afrique, Florence Loison dont le parcours s’inscrit entre la France, le Continent africain, l’Amérique du Sud et du Nord, et l’Allemagne, assurera outre les master class, un spectacle intitulé « Gel apparent », le jeudi 10 février à 18H00 à El Teatro. Suivra la performance « Guerra » où le chorégraphe Kais Harbaoui aborde les causes des guerres, le rejet de l’autre et la pratique de la violence.
La journée du vendredi 11 février verra la participation de Kais Boularès à partir de 18H00 à El Teatro, avec « Son Excellence le citoyen » ; ce citoyen dont les illusions ont corrompu les moyens de vérité et des connaissances des sources de la crise, ravagé sa sécurité, perdu ses forces et menacé sa vie et son être…Le spectacle sera suivi par « Col tempo » signé Ambra Senatore, chorégraphe et performeuse italienne et directrice du Centre chorégraphique de Nantes. Créer un spectacle, pour elle, c’est comme voyager : on se prépare, on essaie, mais il y a beaucoup de surprises et d’inattendu.
Quant à Cyrinne Douss qui développe des projets entre les deux rives de la méditerranée, elle nous proposera samedi 12 février à 17H00 au Rio, une chorégraphie: « Je ne suis pas blanche ». Un récit de métissage et de ses éternelles pérégrinations, dix ans après la révolution tunisienne. La scène devient pour elle, le lieu de tous les possibles, l’espace de la réaffirmation, de la réconciliation, de la transformation et de la libération.
Le même jour à 19H00, cette fois- ci à El Teatro, Marwen Errouine laissera une fois de plus son public sans voix en présentant « Coiffeuse ». Un bel hommage à toutes ces femmes de l’ombre du monde de la scène, que personne ne remarque mais qui peuvent porter en elles, une charge créative et émotionnelle.
Le festival des Premières chorégraphiques mérite tout le soutien des autorités compétentes ainsi que celui du public, car depuis ses débuts, l’association Al badil- l’Alternative culturelle ne cesse d’œuvrer à la démocratisation de la culture pour en faire un facteur de développement économique et durable pour tous. En effet, cette manifestation s’inscrit dans cette volonté d’appuyer et d’ouvrir la scène artistique en Tunisie et à l’international.
