L’Union européenne va-t-elle enfin prendre des mesures contre l’Etat hébreu en raison de son comportement dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, passer des mots aux actes ? On en est encore loin, mais plusieurs pays, emmenés par la France et la Grande Bretagne – qui ne fait pas partie des 27- et le Canada commencent à bouger. Outre Londres, Paris et Ottawa, neuf pays (Danemark, Espagne, Finlande, Irlande, Islande, Norvège, Pologne, Portugal et Suède) ont confirmé « leur intention d’imposer des restrictions nationales au commerce de biens avec des colonies illégales au regard du droit international et/ou de soutenir des restrictions européennes en ce sens, ou qu’elles envisagent sérieusement d’adopter de telles restrictions ou d’autres mesures conformément à leurs procédures nationales ».
La Grande Bretagne a été plus nette, plus précise. Son ministre des Affaires étrangères Ed Miliband a accusé mardi le gouvernement israélien de « fermer les yeux » sur un « nettoyage ethnique » perpétré par des colons en Cisjordanie, et annoncé non pas une intention mais une interdiction des importations de produits issus des colonies dans les territoires occupés. La diplomatie israélienne a répliqué par une série de contre-mesures et le ministre Gideon Sarr a affirmé « quiconque agit contre Israël, Israël agira contre lui ».Il a décidé de fermer le consulat britannique de Jérusalem, de renvoyer des diplomates et d’interdire à une douzaine de personnalités politiques l’accès au territoire israélien. Pour l’instant, Israël hésite à sanctionner Paris en raison des liens entre les citoyens des deux pays, du nombre de binationaux.
L’ambassadrice de Palestine en France, Hala Abou-Hassira, a salué sur France 24 des « mesures très importantes » qui « interviennent à un moment crucial de l’histoire du peuple palestinien » et espéré qu’elles soient « un préambule à des actions plus fortes et concrètes encore » comme la rupture de l’accord d’association entre l’UE et Israël. Elle a aussi regretté que l’Allemagne ne prenne pas part aux sanctions. A Bruxelles, la cheffe de la diplomatie européenne , Kaja Kallas, a indiqué qu’elle ne constatait aucun changement de position concernant la suspension de l’accord. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, est opposé aux sanctions contre Israël et à la suspension de l’accord d’association UE-Israël, qualifiant cette demande d’« inappropriée ». Il lui préfère un dialogue constructif avec Israël sur toutes les questions cruciales. Et les 27 se disputent sur un point de droit : des sanctions peuvent-elles être décidées à la majorité qualifiée (15 pays, 65% de la population) ou à l’unanimité ?
En Israël où les pressions sont constantes – le ministre de la Défense a menacé lundi l’Autorité palestinienne d’une «guerre totale» en cas d’attaque contre les colonies juives en Cisjordanie occupée- l’opposition condamne les violences des colons juifs sans remettre en question l’occupation et la colonisation.
Les opposants s’attaquent à la personnalité du Premier ministre et, à l’approche des législatives, un nouvel élément va leur servir : le journal Haaretz a dévoilé hier des extraits d’un livre à paraître qui démontre que Netanyahou aurait été averti par les Emirats arabes unis, six jours avant le 7 octobre, de l’imminence d’une attaque, sans qu’il en informe les services de sécurité israéliens. Un « mensonge absolu » selon les autorités de Tel Aviv.
