La journée de deuil national, ce jeudi, au Liban pourrait être suivie de bien d’autres car Israël, qui a lancé de nouveaux ordres d’évacuation avant frappes, est bien décidé à éliminer le Hezbollah, même si, comme pour le Hamas à Gaza, c’est mission impossible. Peu importe, c’est une idée fixe, une obsession pour Benjamin Netanyahou, conforté par Donald Trump qui ignore totalement le Liban.
De nombreux pays, à l’image de la France, regrettent, condamnent l’attaque disproportionnée de Tsahal que l’on peut qualifier de massacres, de carnage, mais si l’on entend des mots, on ne voit pas d’actes. De Moscou à Londres, de Pékin à Berlin, de Washington à Paris, Israël jouit d’une impunité effective.
Les tensions, les guerres avec l’Etat hébreu remontent à une cinquantaine d’années et montrent que la souveraineté de ce pays né officiellement en 1920 n’a jamais été respectée. L’OLP d’Arafat, puis le Hezbollah, proxy iranien, sans parler de la Syrie, se sont élevés contre Israël. Volonté de destruction de l’autre. Résultat : ce pays multiconfessionnel incapable de faire face, trop faible, d’unir vraiment tous ses habitants, est pris en otage. Lors de chaque accalmie, un incident relançait le conflit et chaque frappe israélienne renforçait le Hezbollah. Il en est de même aujourd’hui, même si le mouvement chiite est très affaibli.
Quel avenir aujourd’hui pour le pays du cèdre ? La résolution 1701 de l’ONU, en 2006, qui prévoyait le désarmement du Hezbollah n’a jamais pu être appliquée faute de moyens et de volonté politique de Beyrouth. Comment l’armée qui compte dans ses rangs des chiites aurait-elle pu s’en prendre, armes à la main, à d’autres chiites ? Un risque de guerre civile. La paix civile a été préservée par l’inaction du pouvoir. Le nouveau président, Joseph Aoun, et son gouvernement ont rompu avec cette inertie, mais le désarmement, forcément arrêté aujourd’hui, était lent.
L’avenir du Liban est toujours en péril. Pour résister, le pays a besoin d’unité. Faudrait-il en finir avec ce multi confessionnalisme qui réserve des postes pour chaque communauté et fixe leur nombre de députés ? Ce système ne serait-il pas devenu source d’immobilisme, de division ?
Par ailleurs, on peut espérer que des voix vont monter en Israël contre ce Bibi qui fait son petit Trump et ne pense qu’à ses intérêts. Il fait du tort à son pays. Il se sert du Liban pour empêcher tout cessez-le-feu en Iran, pour pousser les Etats-Unis à poursuivre la guerre. Yaïr Lapid, le chef de l’opposition, l’accuse d’avoir échoué, de mentir.
