Donald Trump prétend qu’il n’était pas sérieux quand il a dit qu’il mettrait fin à la guerre en Ukraine en 24 heures, mais il l’était quand, trois mois plus tard, il a espéré un accord en une semaine et promis que la Russie et l’Ukraine allaient « gagner une fortune » en faisant de bonnes affaires avec les Etats-Unis « qui sont en plein essor ». Vaines promesses, la guerre est plus dure que jamais sans réelles perspectives de paix.
A la tribune de l’Onu, le président américain a pourtant récidivé en affirmant qu’un accord entre la Russie et l’Ukraine arriverait «plus tôt qu’on ne le pense» et affirmé que «nous travaillons très étroitement avec les dirigeants de Russie et d’Ukraine, et nous allons régler ce cas». Vladimir Poutine ne partage pas ce bel optimisme en déclarant que la Russie « va bien réfléchir » avant toute reprise de pourparlers de paix avec l’Ukraine. Hier, son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a été plus direct lors de son discours à l’Onu : la Russie atteindra ses objectifs militaires en Ukraine «peu importe les circonstances, les objectifs de l’opération militaire spéciale seront atteints, la menace à la sécurité russe sera éliminée, et la vie paisible reviendra». Lavrov a salué la position américaine mais a vivement attaqué «l’Europe( qui) fait tout ce qui est en son pouvoir pour contrecarrer les discussions de paix souhaitées par le gouvernement Trump». Comme son président, il affirme que son pays n’a aucune intention d’attaquer l’Europe à qui il reproche d’être « sur la voie du militarisme ».
Il est certes difficile de croire que la Russie va mener une guerre directe contre ses voisins européens, mais il ne fait guère de doute que la guerre hybride a commencé et s’aggrave avec le risque d’un dérapage auquel on ne sait comment l’Europe répondrait. Il est également certain que Moscou cherche à affaiblir une Europe qualifiée de « décadente » et entend retrouver une certaine influence dans les anciens pays de l’URSS. Le New York Post signale aussi que le Russe « a cherché à semer la discorde entre les États-Unis et l’Europe » en déclarant que l’Europe, « contaminée par le virus de la supériorité raciale », faisait « tout ce qui était en son pouvoir pour faire échouer les discussions de paix auxquelles participait l’administration Trump ».
Au-delà de ce conflit plus ou moins larvé, se développe un front Chine-Russie qui avec le Sud global, entend représenter un pôle de stabilité face à un Occident guerrier et dominateur.
