L’histoire du film est celle de William Harford, médecin new-yorkais issu de la haute bourgeoisie qui mène une paisible existence familiale. Jusqu’au jour où sa femme, Alice, lui avoue avoir eu le désir de le tromper quelques mois auparavant… épris de jalousie, il se met à errer d’avenue en avenue jusqu’à tomber dans un bar sur un ami de l’université. Ce dernier lui parle alors de soirées organisées par les puissants de la ville et où il est question d’orgies sexuelles démentes… « Eyes wide shut » que l’on peut traduire en français par « Les yeux grand fermés » est le dernier film de Stanley Kubrick, un cinéaste que l’on ne présente plus. Inspiré, perfectionniste, méticuleux… chacun de ses films fait l’objet d’un véritable culte de la part des cinéphiles du monde entier qui passent leurs vies à étudier chaque scène de son catalogue avec passion: « 2001 :L’odyssée de l’espace », « Les sentiers de la gloire », « Full metal jacket », « Docteur folamour », « Orange mécanique », « Shining »…


Une œuvre éminemment troublante !
Avec « Eyes wide shut », par ailleurs interprété par le couple star de l’époque et composé de Tom Cruise et Nicole Kidman, Stanley Kubrick prouve qu’il est également visionnaire. L’artiste a en effet su prédire les scandales sexuels qui allaient être le lot de Roman Polanski, Woody Allen, Harvey Weinstein et surtout Jeffrey Epstein véritable monstre pédocriminel. En revoyant le film, par ailleurs irréprochable sur le plan esthétique (mise en scène, direction d’acteurs, musique, décors, montage, photo… bref une véritable leçon de cinéma), le spectateur est submergé de frissons. Il y est question des Rothschild, des Illuminati, de pédophilie (le personnage de mineure de Leelee Sobieski), du culte de Baal voire même la présence de sosies de Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell. Troublant ! Que dire alors du personnage de Victor Ziegler interprété par Sidney Pollack qui est également réalisateur de « La firme » dans lequel Tom Cruise se retrouve pourchassé par un cabinet d’avocat vitrine de la mafia ?
Staney Kubrick était-il très au fait de ce qui se déroulait dans les soirées mondaines de Los Angeles, New-York et Washington ? Avec « Eyes wide shut », l’artiste dénonçait-il le pouvoir caché, la sexualité débridée des élites et la manipulation des masses ? À chacun sa libre interprétation…

