Il y a trois ans, à propos des odieux massacres perpétrés par le Hamas, nous écrivions : « Quelles conséquences également pour les Palestiniens ? Le Hamas islamiste reprend le leadership de la lutte contre l’occupant au détriment d’un Fath dépassé et d’une Autorité palestinienne corrompue et souvent accusée de pactiser avec l’ennemi. Mais sert-il la juste cause palestinienne ou les intérêts des pays qui l’aident ?
Cela dit, il faut savoir que la riposte israélienne va être extrême, fera mal. Netanyahou voudra faire oublier ses déboires intérieurs et prouver à ses compatriotes qu’il est fort et défend victorieusement le pays. Ses extrémistes, dont il a besoin pour gouverner, lui imposeront d’être sans pitié, de refuser toute négociation ».
Aujourd’hui, on peut dire que ce malheureux coup d’éclat du Hamas a assombri l’avenir des Palestiniens d’autant plus que la vengeance israélienne s’est étendue à la Cisjordanie plus colonisée et martyrisée que jamais. Pour les Gazaouis, le bilan est catastrophique : plus de 74 000 morts, plus de 4 000 enfants mutilés, 80% du bâti détruit, 90% de chômage, PIB réduit à 60 centimes de dollar par jour, 1,5 % des terres cultivables restant encore accessibles et non endommagées… L’aide a encore du mal à entrer et les bombardements de Tsahal sont quasi quotidiens. Ce matin, les frappes ont tué deux personnes.
Donald Trump peut se vanter d’avoir imposé un cessez-le-feu en octobre 2025, il n’est pas respecté et son petit plan de reconstruction n’avance pas. Son Conseil de la paix ne sert pas à grand-chose et Israël refuse l’arrivée à Gaza de la force internationale d’interposition, non encore constituée, et du comité palestinien de transition qui doit assumer la gouvernance.
Cette inaction n’empêche pas Jared Kushner, gendre et émissaire de Donald Trump pour le plan de paix à Gaza, de faire de bonnes affaires. Une enquête de CNN a révélé il y a quelques jours que sa société de capital-investissement, Affinity Partners, détenait la plus grande participation dans une entreprise israélienne soutenant des sociétés impliquées dans les offensives militaires du pays.
Benjamin Netanyahou ,qui aurait été averti de l’attaque, mais n’a rien fait, « joue » de ce drame pour tenter de gagner les élections du 23 octobre qu’il a transformées en référendum sur lui. Il se place en rempart, en seul défenseur de son pays menacé alors qu’il lutte pour tout le monde libre…
Les Palestiniens, eux, devraient élire leur Parlement le 28 novembre, 20 ans après les dernières élections. Mais rien n’est sûr : de bonnes conditions d’organisation, tout comme la sécurité, sont difficiles à obtenir en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à Jérusalem-Est.
Il y a trois ans, nous terminions par : « Ce samedi à l’aube, le Hamas a rebattu les cartes. Mais elles ne sont pas encore toutes distribuées… » Elles ne le sont toujours pas…
