Les Américains qui s’inquiètent des conséquences de la guerre israélo-américaine en Iran, de l’inflation et de la hausse du coût de la vie, ont de moins en moins confiance en leur président. Insupportable pour Donald Trump, le « boss » sûr d’être le meilleur. Alors, il a, une fois de plus, mis en pratique les leçons de Roy Cohn, l’avocat de McCarthy, qui fut son mentor il y a un peu plus de quarante ans : ne rien reconnaître, faire diversion, contre-attaquer par tous les moyens.
Le discours de la nuit dernière, tant annoncé comme important, c’était cela. Inutile donc de d’attarder à ce qu’il a dit, de commenter ses accusations agressives et non prouvées contre la Chine. Plus c’est gros, plus ça passe, plus on parle d’autre chose. Donald Trump est même allé jusqu’à affirmer que les élections américaines seraient « pires que dans n’importe quel pays du tiers-monde ». Il ne s’adressait pas à la nation, mais à « sa » nation, celle des MAGA pour qui chacun de ses mots est vérité. Il sait que les élections de novembre seront perdues si sa base est gagnée par le doute. Pas question de voir son pouvoir réduit alors qu’il cherche les moyens de le conserver par le biais du président qu’il ferait élire, JD Vance ou Marco Rubio…
Ces 25 minutes déconnectées de la réalité interrogent forcément sur les obsessions et la santé mentale du 47e président des Etats-Unis… Persuadées que le discours ne présenterait aucun intérêt réel, des chaînes de télévision, NBC, ABC et CNN, avaient décidé de ne pas le retransmettre en direct. Un crime impardonnable de lèse-majesté que Trump parle de sanctionner en appelant au retrait de leur licence. Elles seraient complices du « complot » qui lui a volé l’élection de 2020 !
Avant de prononcer son allocution, le milliardaire, qui pense avant tout à ses intérêts, avait annoncé que son entreprise de médias allait vendre un accès prioritaire aux publications sur son réseau Truth Social qui compte près de 13 millions d’abonnés. Il y a quelques jours, il a licencié les responsables de l’agence fédérale chargée de veiller à la régularité des élections.
