Il a multiplié les meetings au cours desquels il vante les succès et la richesse sans égale de son Amérique enviée par le monde entier. Dans le Michigan, il a aussi laissé parler sa vraie nature en d’extasiant devant « le sacré beau cul d’enfer » de la rappeuse Nicki Minaj venue le rejoindre sur la scène. Il répète à son public qu’il doit « faire comme si mon nom était sur le bulletin », mais il est quand même conscient que sa popularité est en nette baisse. S’il dit que « nous avons une chance de bien nous en sortir. Peut-être même très bien », il tempère aussitôt en constatant : « généralement un président, bon ou mauvais, républicain ou démocrate, perd les midterms ». Pas sûr du tout qu’il doive verser les 5 000 dollars promis à chaque électeur en cas de victoire.
Les électeurs ne voient pas son bilan de la même manière que lui. Certes, la croissance est là mais trop tirée par l’IA ou « super intelligence » et les coûteux centres de données de plus en plus contestés. Une bulle qui éclatera ?… La situation n’est pas meilleure qu’à la fin du mandat de Biden et les Américains s’inquiètent de la hausse du coût de la vie due à la politique de leur président, aux droits de douane et surtout à la guerre déclenchée contre l’Iran qui pourrait reprendre après les élections de mardi. A l’occasion d’Halloween, dans sa propriété de Mar a Lago, il a confié à des journalistes : « Nous avons neutralisé leur programme nucléaire. Nous devons encore nous occuper, je dirais, d’un ou deux sites, mais nous pouvons le faire en dix minutes. Nous avons un plan pour cela ». Un porte-parole de Téhéran a répondu qu’ une nouvelle guerre pourrait être plus longue que la précédente, et que le président américain ne serait pas en mesure de dicter ni le moment ni les conditions» de l’arrêt des hostilités.
Les conducteurs américains risquent d’attendre encore la baisse du prix du diesel d’autant que les trois pétroliers russes chargés de 300 000 tonnes de diesel risquent de ne jamais arriver car, à ce jour, les cargaisons n’ont pas trouvé d’acheteurs. Les potentiels preneurs craignent de se trouver hors la loi malgré les dérogations accordées par l’administration Trump et de voir leur réputation souffrir…
Malgré tout, rien n’est joué. Si les sondages voient les démocrates s’emparer de la Chambre des représentants, les républicains pourraient conserver de justesse le Sénat. Trump a tout tenté pour empêcher les minorités et les « étrangers inscrits » de voter – l’ICE sera là…- et de bannir le vote électronique, mais si la participation est en baisse, ce sera principalement du fait des électeurs déçus par Trump qui bouderont les urnes.
Et si les républicains perdent le Congrès ? Donald Trump ne manquera pas de contester les résultats. Cependant, il étudie tous les moyens de gouverner en contournant les parlementaires. Sa deuxième partie de mandat pourrait devenir le temps des décisions prises par décrets.
A ce jour, plus de 52 millions d’Américains, sur 250 millions d’électeurs, ont déjà voté. Dont le pape Léon XIV.
