Le nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei n’est pas apparu aux funérailles de son père, ce qui laisse planer des doutes sur son état de santé mais il serait bien vivant et, dans un message écrit vendredi et révélé aujourd’hui, il affirme que venger « le sang pur » de son père est « une exigence de la nation » et que cela « devra assurément » avoir lieu. Il appelle aussi à venger « tous les martyrs » des « deux guerres » ayant opposé la République islamique à Israël et aux États-Unis, accusant des « assassins criminels et déshonorants » et assure que les noms des personnes visées « figurent sur une liste ».
Donald Trump est donc bien visé, mais cela n’est pas vraiment nouveau : il est menacé de mort depuis qu’il a fait assassiner en janvier 2020 le général Soleimani, commandant de la force Al-Qods et au moins deux fatwas ont été prononcées contre lui, assorties d’une récompense qu’une quarantaine de millions de dollars.
Il y a quelques jours, le Mossad qui dispose de milliers d’informateurs et d’infiltrés en Iran a transmis à Washington des informations selon lesquelles Téhéran prépare un nouveau plan pour assassiner Donald Trump. Le président américain a confirmé et a réagi en menaçant de « décimer et détruire complètement » l’Iran si le gouvernement de ce pays essayait de le faire assassiner. «1000 missiles sont prêts à être tirés et braqués sur la République islamique d’Iran, suivis immédiatement de milliers d’autres, si le gouvernement iranien mettait à exécution sa menace, proférée aux quatre coins du globe, d’assassiner ou de tenter d’assassiner le président en exercice des États-Unis d’Amérique, en l’occurrence MOI !», a-t-il écrit sur Truth Social. « Des ordres ont déjà été donnés, et l’armée américaine est prête et déterminée, pour une période d’un an, renouvelable, à anéantir et détruire totalement toutes les zones de l’Iran », a-t-il ajouté.
Si la volonté de vengeance des gardiens de la révolution est réelle, on se demande pourquoi Israël a cru bon de la remettre dans l’actualité. Il semble bien que l’Etat hébreu, plutôt en froid avec son allié américain, tente de le convaincre de reprendre les frappes. Benjamin Netanyahou et Donald Trump ont des points de vue, des intérêts divergents. L’Israélien, qui a promis aux siens d’éliminer la menace iranienne, a besoin de vaincre pour rester crédible et remporter les prochaines élections législatives ; l’Américain, qui sait que ses concitoyens sont opposés à sa guerre, souhaite y mettre fin pour gagner les scrutins de mi-mandat en novembre. Le dernier sondage YouGov indique que 61 % désapprouvent son action. Un autre sondage donne un taux net d’approbation à moins 23.
Donald Trump, qui semble regretter d’avoir signé un protocole d’accord qui avantage l’Iran, a profité de tirs iraniens sur des bateaux qui tentaient de franchir le détroit d’Ormuz sans emprunter les routes imposées par les gardiens de la révolution pour déclarer que le cessez-le-feu était « terminé », mais il maintient les négociations à la demande, dit-il, de Téhéran.
Aujourd’hui, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, qui affirme que « jusqu’à présent, l’Iran a tenu parole » et que les violations sont le fait des Etats-Unis, est à 0man pour discuter du détroit d’Ormuz et de la sécurité maritime. Il y a quelques mois, la navigation était libre et le péage une idée quelque fois évoquée mais irréaliste. Depuis, Donald Trump a donné à Ormuz une valeur « nucléaire ». Et il ne trouve pas de deal pour sortir de l’impasse dans laquelle il s’est engagé.
