Le roi de France Louis XIV n’aurait jamais prononcé la célèbre phrase « L’Etat, c’est moi », mais Donald Trump l’a fait sienne. Pour lui, pouvoir et possession vont ensemble et les Etats-Unis d’Amérique, c’est lui. Et il le prouve encore en concluant un deal sur la livraison de gasoil avec Poutine. Il faut le comprendre : le gallon (3,78 litres) qui valait 3,67 dollars il y a un an en coûte aujourd’hui 6,28, ce qui pénalise lourdement ses concitoyens qui, tous, roulent beaucoup. Résultat : sa cote de popularité (32%) est au plus bas et sa défaite aux élections de mi-mandat, le 3 novembre, fait de moins en moins de doute. Insupportable pour le président qui multiplie les meetings et les promesses de cadeaux, demande aux siens de « tricher comme des malades » et tente de manipuler les règles électorales. En vain jusqu’à présent : de plus en plus de Républicains le voient comme un « boulet » et son soutien se transforme en handicap.
Ces derniers temps, le milliardaire affairiste s’était rapproché de Zelensky et, le 18 septembre, avait promulgué une loi imposant de nouvelles sanctions à la Russie à cause de la guerre en Ukraine. En téléphonant à Poutine, il a tout oublié, guidé par “une priorité absolue” : « faire baisser les prix pour les Américains, en particulier pour nos formidables agriculteurs, éleveurs et chauffeurs routiers ». Réussira-t-il ? Pas sûr car les quantités prévues ne sont pas énormes et des spécialistes doutent des possibilités russes de livrer vite.
Ce comportement de Trump n’est pas surprenant. En janvier, il déclarait au New York Times que les seules limites à son pouvoir étaient sa “propre morale et sa propre raison » et qu’il n’avait pas besoin de se “conformer aux droits internationaux et aux traités multilatéraux ». Quatre ans plus tôt, lors de sa première investiture, il avait affirmé que « toutes les nations ont le droit de faire passer leurs propres intérêts en premier ». C’est aussi ce que fait Poutine. Les morts ukrainiens et russes comptent peu au regard des deals, des affaires fructueuses qui peuvent être négociées.
