A qui profite le crime ? La réponse ne fait aucun doute : la tentative d’attentat commise samedi soir au Washington Hilton tombe à point nommé pour le président américain en difficulté dans les sondages, à la popularité en baisse. Quoi de mieux que ces coups de feu, que ce tireur fou pour faire oublier sa guerre iranienne, l’inflation, le prix de l’essence et l’affaire Epstein ?
Il n’a pas fallu longtemps pour que les questions fusent sur les réseaux sociaux : et si c’était une mise en scène ? En quelques heures, des centaines de milliers de messages sur les réseaux sociaux ont évoqué un complot sans doute monté par le FBI pour détourner l’attention. Certains relevaient le manque de sécurité dans l’hôtel, le manque de détecteurs de métaux, d’autres évoquaient des liens entre le tireur et Israël. En réaction, Donald Trump a servi cette réponse : « Pour l’instant, je n’ai pas entendu dire que ce qui s’est passé samedi n’ait pas eu lieu ».
Ces rumeurs de complot viennent principalement de radicaux déçus de la sphère MAGA. Ces dernières semaines, d’anciens soutiens affirment, sans aucune preuve, que le président aurait lui-même mis en scène la tentative d’assassinat dont il a été la cible à Butler, en Pennsylvanie, en 2024. La balle qui lui a effleuré l’oreille ne serait pas un signe providentiel. Pas d’élu de Dieu, mais un homme prêt à tout pour montrer qu’il agit pour la grandeur du pays. Quelques jours avant la tentative du Hilton, l’humoriste Tim Dillon, ex fervent partisan du président lui proposait d’avouer et lui dictait les mots : « Certaines personnes vont être choquées par ce que je vais dire, mais nous avons mis en scène la tentative d’assassinat à Butler pour montrer à quel point il était important de voter pour moi et jusqu’où j’étais prêt à aller pour eux ». L’ancien directeur du Centre national américain de lutte contre le terrorisme, Joe Kent, sème aussi le doute en faisant remarquer que l’enquête a été interrompue et qu’on manque d’informations…
Ces nouvelles rumeurs traduisent malheureusement la montée de la polarisation et de la violence politique aux Etats-Unis. Un danger dû à la communication de Trump, à sa culture de la confrontation, à sa volonté de pouvoir absolu.
