Apprenant sous les ovations qu’elle recevait le prix Nobel de la paix, l’avocate sud-africaine Navanethem «Navi» Pillay, s’est amusée, moquée en lançant : «Si vous applaudissez un peu plus fort, je partagerai peut-être le prix avec Trump». Une pique bien envoyée, elle avait compris que le comité d’Oslo nommé par le Parlement norvégien avait fait un choix politique et qu’en la distinguant, il adressait en creux un blâme à Donald Trump qui, comme l’an dernier, voulait ce prix.
A la veille de l’attribution, le président américain s’était encore vanté affirmant qu’il le « mérite largement » car, se justifiait-il, « j’ai réglé huit guerres, et de grosses guerres, sauvant des millions et des millions de vie. J’ai peut-être empêché la destruction totale du monde car l’Iran n’aura jamais l’arme nucléaire ».
Expliquant les motifs de son choix, le jury Nobel lui répondait indirectement :«À une époque marquée par des défis existentiels – notamment un nombre de guerres et de conflits que le monde n’avait pas connu depuis longtemps, le droit international n’est plus seulement un complément à la paix et à la sécurité. C’est une nécessité absolue». Une manière de souligner que le milliardaire fanfaron défie l’ordre mondial et ne croit qu’au droit du plus fort.
Certes, mais Navi Pillay n’est pas une lauréate par défaut. Elle mérite ce prix car, comme le souligne le comité Nobel, « elle est une figure de proue de l’ordre juridique international ». Première femme non blanche à ouvrir un cabinet d’avocat en 1967 en Afrique du Sud, elle s’est toujours battue pour le droit, la justice et contre l’impunité.
Navi Pillay a notamment présidé la commission d’enquête indépendante de l’ONU qui a accusé Israël en septembre 2025 de commettre un génocide dans la bande de Gaza. Aux Etats-Unis, des voix s’étaient élevées pour que Trump prenne des sanctions contre elle.
Réagissant à ce Nobel, le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a déclaré sur X qu’il légitime « la haine anti-Israël », affirmant que le chef de la propagande nazie, Joseph Goebbels, devait « applaudir depuis l’enfer ». Stupide !
