La France n’en finit pas de se faire peur avec les manifestations pacifiques mal accompagnées par des émeutes, des pillages et des blessés par centaines. Ce mardi, 48 lycées étaient bloqués sur 3 700, dix fois plus selon l’Union syndicale lycéenne, une université sur deux perturbée selon l’Union étudiante et l’on attendait quelque 30 000 manifestants à Paris. Et la journée de jeudi inquiète avec ses appels à la grève et les manifestations prévues dans tout le pays pour l’augmentation des salaires et le pouvoir d’achat. Des voix s’élèvent pour réclamer l’imposition de l’état d’urgence qui autoriserait notamment l’interdiction des manifestations, cortèges, défilés et rassemblements de personnes sur la voie publique, l’interdiction de certaines réunions publiques et le blocage de sites internet. Pour l’instant, le président Macron écarte cette éventualité.
Paradoxalement, c’est, peut-être, aux Etats-Unis que cet état d’urgence sera décrété ou bien l’Insurrection Act qui permet le recours à l’armée. En effet, Donald Trump, qui présente la France gangrénée, selon lui, par les islamistes et les communistes comme un repoussoir, pourrait s’en servir pour contester le résultat des élections s’il les perd et réprimer de possibles manifestations violentes. Il a promis de respecter le résultat si le scrutin est « honnête », mais laissé entendre, en accord avec sa base Maga, que seules la corruption et les fraudes des démocrates peuvent le priver de la victoire. D’ailleurs, si le Sénat reste aux mains des Républicains, il proclamera haut et fort sa victoire.
Si le Congrès vire du rouge au bleu -couleur des démocrates- le winner qu’il se vante d’être refusera de devenir loser. Il a déjà prévenu qu’il serait « monsieur veto », expliquant qu’il ne laisserait pas les démocrates « s’installer », ajoutant : « Ils enverront des projets de loi, vous y mettrez votre veto et, au bout d’un mois ou deux, tout cela finira à la poubelle. Après quoi, vous les réunirez et vous conclurez un accord ».
Déjà en 2019 alors qu’il se heurtait au Congrès à propos de son mur avec le Mexique, il avait lancé : « J’ai le droit absolu de décréter un état d’urgence nationale. Je ne l’ai pas encore fait, mais je peux le faire ». Ces derniers mois, il a, à plusieurs reprises, menacé d’invoquer l’ Insurrection Act et d’envoyer la garde nationale rétablir l’ordre dans des villes démocrates.
Toujours persuadé que Biden lui avait volé sa victoire en 2020, il a promis, lundi, une récompense de 1 million de dollars en espèces à toute personne capable de lui fournir des informations permettant de juger des personnes pour fraude électorale lors de scrutins passés ou lors des élections de mi-mandat. « Nous ne nous sommes jamais autant préparés à une éventuelle opération de sabotage électoral comme aujourd’hui », répond Ezra Levin, fondateur de l’organisation militante Indivisible, qui a elle-même créé un « corps de défense des élections ». « Tout est envisageable » conclut l’essayiste franco-américain Romuald Sciora, qui vient de publier Lettre ouverte à Trump d’un Américain de papier aux Éditions Point Nemo.
