« Cela fait treize jours qu’on entend des promesses. Treize jours qu’on nous dit qu’on nous aidera dans le ciel, qu’il y aura des avions, qu’on nous les livrera », a déploré Volodymyr Zelinsky dans une vidéo publiée ce mardi sur Telegram. « Mais la responsabilité pour cela repose aussi sur ceux qui n’ont pas été capables de prendre une décision en Occident depuis 13 jours (…). Sur ceux qui n’ont pas sécurisé le ciel ukrainien des assassins russes », a-t-il ajouté. « L’humanité, qui doit prévaloir dans les capitales mondiales, doit prévaloir sur la peur », a-t-il plaidé.
Le président ukrainien réclame à cor et à cri la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de l’Ukraine, mais cette option a été catégoriquement exclue par les Etats-Unis comme l’Otan. Il réclame aussi des armes, qui arrivent trop lentement selon lui, et des avions. La Pologne rechigne à lui céder ses Mig.
Au Parlement européen, à Strasbourg, l’écrivaine ukrainienne Oksana Zaboujko a appelé les Européens à cesser de tergiverser sur leur riposte à l’invasion de l’Ukraine leur lançant que chacune de leur pause-café « coûtait une vie ».
Après plusieurs tentatives avortées, les évacuations de civils en provenance de la ville de Soumy ont finalement débuté ce mardi matin. Les habitants ont pu se rendre à Poltava, ville non soumise à des bombardements. Peu avant, des frappes avaient fait 21 morts à Soumy dont deux enfants. Des habitants ont également pu quitter Irpin. Mais le ministère ukrainien de la Défense a accusé les Russes de ne pas respecter le couloir humanitaire à Marioupol, port assiégé du Sud-Est de l’Ukraine. « L’ennemi a lancé une attaque exactement en direction du couloir humanitaire », a dénoncé le ministère sur sa page Facebook, assurant que l’armée russe n’avait « pas laissé les enfants, les femmes et les personnes âgées quitter la ville ».
Un peu plus de deux millions d’Ukrainiens ont déjà quitté leur pays, mais beaucoup refusent de partir et se préparent à combattre les Russes, notamment à Kiev. Les lignes de front ont peu évolué ces dernières 24 heures, mais plusieurs villes sont toujours sous les bombes et les missiles. Le nouveau bilan de l’ONU, sous-estimé, est de 474 morts et 860 blessés.
Les occidentaux sont prêts à aggraver les sanctions et le président Biden veut interdire l’importation de pétrole russe. Quant au gaz, l’Allemagne, la Bulgarie et quelques autres pays européens refusent de se passer des importations russes, affirmant qu’il n’existe pas d’alternative crédible. Les Européens se préparent à des temps difficiles, à des augmentations non seulement de l’énergie, mais aussi des produits alimentaires. Des hausses qui affectent tous les continents.
