Croissance la plus faible depuis cinq ans, inflation non maîtrisée autour de 2,5%, déficit commercial record à 1241 milliards de dollars en 2025, pire année pour l’emploi depuis vingt ans : six Américains sur dix considèrent que le pays est en moins bonne posture qu’il y a un an. Fake news propagés par des journalistes et médias « corrompus » proteste Donald Trump qui continue d’affirmer que sous sa présidence, l’Amérique connaît un nouvel « âge d’or ».
Fidèle aux principes de l’avocat Roy Cohn, un proche de Mc Carthy, qu’il a connu en 1973, il n’avoue jamais, ne reconnaît rien, contre-attaque et crie victoire , peu importe les circonstances. Ainsi, son discours sur l’état de l’Union qui a duré une heure et quarante-sept minutes, un record, n’a été qu’un hymne à son honneur. Autosatisfaction totale.
Donald Trump a fait du Trump pur jus, mais, pour une fois discipliné, sans répétitions, agressions ou provocations. Même s’il vante sans cesse ses résultats grandioses après les années de Biden qui ruinaient le pays, il sait que sa cote de popularité est en baisse, autour de 40%, et qu’il ne peut gagner les élections de mi-mandat en novembre. Alors, il a profité de ce discours pour partir à la reconquête d’un électorat qui s’éloigne de lui. Beaucoup de promesses : « Notre pays gagne de nouveau, et gagne tellement que nous ne savons plus quoi faire ! Mais vous allez gagner encore et encore !» Les droits de douane qu’il entend maintenir vont remplacer les impôts sur le revenu… De l’habileté en assurant le maintien des assurances de santé Medicaid et Medicare, et la baisse du prix des médicaments.
Une reconquête qui passe par l’attaque incessante des démocrates, des « fous » qui veulent « détruire le pays » et « ouvriraient les frontières à certains des pires criminels dans le monde ».
Donald Trump a évité les sujets délicats comme le Groenland ou l’affaire Epstein alors que l’on soupçonne son administration de cacher des documents le mettant en cause. Pas un mot non plus sur l’Europe, l’Ukraine, la Chine ou le Moyen-Orient. S’il a évoqué l’Iran, c’est finalement dans un cadre national : oui, il pourrait frapper le pays des mollahs, mais ce serait une action défensive car Téhéran « travaille à la construction de missiles qui atteindront bientôt les États-Unis d’Amérique ». Les électeurs comprendraient…
Le chef de file des sénateurs démocrates Chuck Schumer a accusé Trump de présenter une vision « déconnectée de la réalité ». Là aussi une habitude. Déconnecté, mais sans doute efficace. Attendons les prochains sondages.
