« Un tyran s’effondre. Une dangereuse incertitude s’installe », a titré le New York Times (NYT), après la mort du Guide suprême iranien Ali Khamenei. « Tuer un dirigeant ne garantit pas la chute d’un régime » écrit un éditorialiste du Washington Post. « Parmi toutes les actions militaires de Trump, celle-ci est la plus contradictoire » constate CNN. Même la chaîne trumpienne Fox News s’interroge ; « Les Etats-Unis semblent s’être lancés dans une opération de changement de régime sans fin au Moyen-Orient ».
Avec l’ensemble du monde, l’Amérique se demande combien de temps va durer la guerre et quels sont les buts de son président. Trois à cinq semaines répond Trump, ou plus ou moins, au gré de ses brèves déclarations à la presse. « Les opérations militaires vont continuer à pleine puissance pour le moment et elles se poursuivront jusqu’à ce que tous nos objectifs soient atteints ». Oui, mais quels sont ces objectifs ?
Il semble que ceux de Trump ne sont pas tout à fait les mêmes que ceux de son ami Netanyahou qui l’a poussé à frapper et cherche toujours à l’influencer. Israël entend détruire toutes les capacités nucléaires et balistiques de Téhéran. Supprimer définitivement toute menace. Trump refuse également que l’Iran puisse posséder l’arme nucléaire, mais au lieu d’éliminer le régime des mollahs, il pourrait envisager un scénario à la vénézuélienne : porter au pouvoir quelqu’un qui prendrait ses ordres à la Maison Blanche. Un Delcy Rodriguez iranien… « J’ai trois très bons choix », a-t-il déclaré au New York Times, dimanche en fin d’après-midi, avant de reconnaître dans la soirée que les frappes avaient été si efficaces qu’ils étaient tous tués…
Comparer le Venezuela et l’Iran n’est absolument pas pertinent et prouve, une fois de plus, le manque de culture, l’étendue de l’ignorance de Trump. Ce qui lui importe le plus est sa propre gloire et sa volonté de remodeler le Moyen Orient et d’entrer dans l’histoire.
Malgré leurs affirmations qu’il sont aux côtés du peuple, l’Américain et l’israélien ne se soucient guère du sort du peuple iranien. Les bombes seules ne peuvent apporter la démocratie. Ce lundi en début d’après-midi, le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a été clair en affirmant que l’opération américaine ne constitue pas « un exercice de construction de démocratie ». Et il a poursuivi : « Plus de règles stupides de combat, plus de bourbier visant à construire une nation, pas un exercice de construction de démocratie ».
En attendant, la guerre se régionalise et risque de s’embraser. Quant au Hezbollah, son action, surtout symbolique, est suicidaire. Une nouvelle guerre du Liban qui fait l’affaire de Netanyahou…
